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Publié le :
23/06/2009
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Des bactéries résistantes aux antibiotiques s’échappent des hôpitaux !

Des bactéries résistantes aux antibiotiques s’échappent des hôpitaux !
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Steve Taylor / Getty Images
« L’étude franco-suédoise a permis de démontrer que lesdites bactéries résistent à six antibiotiques »

On connaissait les maladies nosocomiales, ces infections contractées à l’intérieur des hôpitaux. Désormais, les bactéries quittent l’enceinte hospitalière et se répandent dans l’environnement. Antibioresistantes, elles contaminent eaux, animaux et air et se propagent rapidement. Une étude franco-suédoise portant sur des goélands vient de mettre à jour cet enjeu majeur de santé publique…

La nouvelle n’est pas réjouissante, les bactéries quittent l’hôpital, elles prennent la poudre d’escampette. La présence de ces bactéries, qui plus est antibiorésistantes, était déjà très inquiétante à l’intérieur des établissements hospitaliers. Rentrer sur ses deux jambes et ressortir les pieds devant… à cause d’une infection nosocomiale, le comble ! Dorénavant, ces mêmes bactéries résistantes aux antibiotiques prennent la clé des champs, des eaux, des animaux et contaminent tout sur leur passage. Y compris l’homme.

L’étude franco-suédoise a permis de démontrer que lesdites bactéries résistent à six antibiotiques. Trouvés en grand nombre sur des goélands leucophées, ces bactéries ne survivaient, il y a quelques années, que dans le cadre hospitalier. Le fait qu’on les retrouve désormais dans l’environnement est extrêmement inquiétant, selon le centre de recherche de la Tour du Valat. « Nous nous sommes rendus compte qu’une bactérie antibiorésistante détectée en 2004 dans des hôpitaux français se retrouvait en 2007 dans l’environnement », explique Michel Gauthier, chargé de recherche à la Tour du Valat.

Une contamination à grande échelle ?

ET AUSSI...

Considéré comme un véritable enjeu de santé publique, les chercheurs préconisent une politique d’usage rationnelle et raisonnée des antibiotiques, une surveillance active des bactéries résistantes et un traitement efficace des déchets humains (eaux usées et effluents d’hôpitaux). Pour expliquer la diffusion de ces bactéries, on avance l’hypothèse d’une contamination par les eaux usées et par les déchets des hôpitaux. Le temps de la réflexion est révolu, si ces bactéries continuent de se diffuser à long terme dans l’environnement, on ne sait prédire les risques potentiels. On parle déjà d’une contamination des poissons, des mollusques et par extension, de l’homme.

Stop à la surmédicamentation !

Pour comprendre le phénomène, une étude inédite, la première en la matière, a démarré le 4 mai dernier à l’hôpital maritime de Berck. Elle durera six mois et devra aider à définir de nouvelles stratégies de prévention face à ces nouvelles bactéries mutantes et résistantes. Ce projet baptisé I-Bird, permettra d’évaluer les méthodes de contamination en comparant les contacts des patients et membres du personnel à 18 000 prélèvements biologiques. On saura donc déterminer avec exactitude les méthodes et délais de transmission d’une bactérie antibiorésistante. Mais pas avant 2011. En attendant, les chercheurs recommandent la plus grande prudence s’agissant d’un problème majeur de santé publique. Notamment de ne pas recourir systématiquement aux antibiotiques, l’habitude et l’accoutumance favorisant le développement et la dangerosité desdites bactéries.
 

A ne pas rater :
- Les maladies animales transmissibles à l’homme dépassent les frontières
- Pollution : des substances cancérigènes dans l’air des crèches

Albane Wurtz

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babou, 23 / 06 / 2009 - 14:17
“Exactement. Ce n'est pas un hasard si les peuples traditionnels soignent tous les maux avec des plantes.”
Lutin, 23 / 06 / 2009 - 12:47
“Exactement. Pour l'instant on s'en sort encore, mais dans quelques générations, les antibiotiques n'auront plus beaucoup d'effet, les bactéries auront eu le loisir de s'adapter aux armes que l'on utilisaient contre elles. Plus on leur en donne, plus elles s'y adaptent pour finir par être totalement « indifférentes ». On doit travailler ensemble pour y parer, médecins comme patients.”

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