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Publié le :
01/04/2009
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Stockage souterrain du CO2 : une « fausse bonne idée »

Stockage souterrain du CO2 : une « fausse bonne idée »
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© los_tenacos_d - Fotolia.com
« Le captage et stockage souterrain de CO2 (CSC) conforte l’utilisation des énergies carbonés dans les pays qui les importent, avec même le risque d’accroître leur dépendance énergétique, puisque l’implantation d’un tel dispositif impose un supplément de consommation d’énergie »

Depuis les années 1990, une technologie expérimentale promet d’excellents résultats pour combattre le réchauffement climatique : le stockage géologique du CO2. Mais aujourd’hui, l’engouement risque d’en prendre un coup : un rapport parlementaire émet de sérieuses réserves sur le procédé, confortant les convictions de l’association écologiste France Nature Environnement.

Le confinement géologique du dioxyde de carbone. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Les forêts, tourbières et puits océaniques ne suffisant plus à absorber les émissions humaines de CO2, des chercheurs eurent donc l’idée de développer une méthode pour séquestrer le carbone dans des cavités souterraines hermétiques. Cette dernière limiterait la contribution du gaz à effet de serre à l’acidification des milieux et aux modifications climatiques.

Mais voilà, la solution présentée comme miracle semble souffrir de quelques défauts de taille : « Le captage et stockage souterrain de CO2 (CSC) conforte l’utilisation des énergies carbonées dans les pays qui les importent, avec même le risque d’accroître leur dépendance énergétique, puisque l’implantation d’un tel dispositif impose un supplément de consommation d’énergie (pouvant aller jusqu’à 40 %) », note le député Claude Birraux, auteur d’un récent rapport sur l’Évaluation de la stratégie nationale de recherche en matière d’énergie.

Certains scientifiques redoutent également les possibles fuites brutales de carbone : le CO2 est un gaz asphyxiant et acide (lorsqu’il est dissous). Un rejet massif de grande quantité dans une zone urbanisée aurait ainsi des conséquences humaines et écologiques catastrophiques. Un risque qui n’est pas à exclure en cas de tremblement de terre, d’attentat, de guerre, ou de failles non repérées.

Haro sur le premier projet français

La première expérimentation française est menée par le groupe pétrolier Total dans les Pyrénées-Atlantiques. Un test que les associations locales et nationales critiques vivement : « Pour verdir son image et surtout récupérer des permis d’émission, Total fore actuellement un nouveau puits sous le vignoble de Jurançon, méprisant le risque de fuites pour les riverains et l’acidification des terrains, protégé par un régime juridique sur mesure qui le dégagera, en 2013, de toute responsabilité en matière de surveillance, d’entretien du site et d’intervention en cas d’accident », accuse Marie-Lambert, membre du directoire du réseau juridique de France Nature Environnement.

L’association écologiste réclame un débat public national sur l’intérêt de la technique. « Il permettra une discussion approfondie et démocratique sur tous les aspects de ce dossier (risques, intérêt collectif, financement, responsabilité), et la mise à plat du régime juridique qui aujourd’hui, transfère les responsabilités à long terme sur l’Etat et les finances publiques ». Ce qui révolte surtout FNE, c’est que le CSC « détourne » des financements publics de la recherche sur les énergies renouvelables : « 26 milliards d’euros pour seulement 2 milliards d’euros pour l’éolien et 2 milliards d’euros pour la géothermie », précise le rapport Birraux.

Les défenseurs de l’environnement appuient donc les conclusions des parlementaires : « Le soutien public accordé à l’effort technologique doit être ajusté pour éviter d’encourager par contrecoup une nouvelle expansion des énergies carbonées en France. En particulier, l’installation des équipements de CSC ne doit pas être subventionnée ».


Pour consulter le rapport sur l’Évaluation de la stratégie nationale de recherche en matière d’énergie (MM. Christian Bataille et Claude Birraux)

Pour en savoir plus sur la capture et le stockage du CO2


Lire aussi :
- Une industrie « presque » propre !
- Science : les solutions pour corriger le climat, de la plus prometteuse à la plus insolite
- Des crustacés empêchent une expérience visant à piéger le CO2 au fond des océans
- Réchauffement climatique : Les forêts africaines absorbent plus de CO2

Yann Cohignac

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