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Publié le :
02/02/2009
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Ibuki, le satellite qui mesure les gaz à effet de serre

Ibuki, le satellite qui mesure les gaz à effet de serre
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« Aujourd’hui, chaque pays évalue les rejets de GES selon ses propres méthodes de calcul. Avec Ibuki, nous pourrons estimer objectivement les annonces de réduction d’émissions et l’efficacité des décisions prises »

Le 23 janvier, la fusée japonaise H-2A décolle du pas de tir de la petite île de Tanegashima, à mille kilomètres au sud de Tokyo. Objectif : mettre en orbite Ibuki, un satellite d’observation des émissions de gaz à effet de serre à travers le monde. « Souffle », en japonais, va assurer une mission essentielle pour le suivi du changement climatique et l’après-Kyoto.

Le satellite d’observation des GES (Gosat) Ibuki va « regarder la Terre respirer » depuis une orbite de 666 km. Il mesurera les émissions de dioxyde de carbone et de méthane, responsables de 80 % de l’effet de serre. 56 000 points du globe seront suivis selon une fréquence de survol de trois jours grâce à une analyse de l’intensité lumineuse des rayons infrarouges (les GES absorbent les rayons de certaines longueurs d’ondes).

Comme l’a rappelé l’Organisation météorologique mondiale, 283 sites d’observation des rejets de gaz polluants existent déjà. Mais de vastes zones, comme les océans, l’Afrique, le Proche-Orient ou encore l’Amérique du Sud, sont peu ou pas contrôlées (signe évident que les stations terrestres sont inégalement réparties sur la planète). Ibuki permettra donc de pallier ce problème.

Une vision globale sera désormais possible, et les scientifiques pourront enfin obtenir des données précises sur les quantités de GES réellement absorbées par les forêts, les sols et les océans (« les puits de carbone »). On sait que depuis 1958, la teneur de ces gaz est passée de 315 ppm (partie par million, unité de mesure fréquemment utilisée en toxicologie, chimie…) à 387 ppm, mais des incertitudes sur le cycle du carbone demeurent encore. Enfin, le satellite aidera à la compréhension du phénomène d’ « îlot de chaleur » dans les centres urbains et à la détection des fuites de gazoducs.

Préparer l’après-Kyoto

L’agence spatiale japonaise (JAXA), l’institut pour l’environnement (NIES) et le ministère de l’Environnement japonais ont décidé de diffuser gratuitement les données du satellite aux chercheurs du monde entier. Les informations collectées permettront alors d’uniformiser les mesures d’émissions car « aujourd’hui, chaque pays évalue les dégagements selon ses propres méthodes de calcul. Nous pourrons estimer objectivement les annonces de réduction d’émissions et l’efficacité des décisions prises », explique Takashi Hamazaki, responsable du projet. Ibuki devient ainsi un outil incontournable pour l’élaboration du cadre devant succéder au protocole de Kyoto en 2013.

Deux autres satellites d’observation nippons suivront bientôt : l’un étudiera les évolutions environnementales. Le second, plus précisément, le cycle de l’eau. Et la NASA lancera aussi d’ici fin février son Ibuki : OCO (Orbiting carbon observatory) rejoindra en orbite l’A-Train, une formation de cinq satellites (Aqua, Cloudsat, Calipso, Parasol et Aura). L’Agence spatiale canadienne et le CNES sont partenaires de l’opération.


Pour en savoir plus :

Site de JAXA (Japan Aerospace Exploration Agency)

Site de OCO (Orbiting carbon observatory) par la NASA


Lire aussi :
- Kopernikus, le « Big Brother » de l’environnement ?
- L’espace bientôt aussi pollué que la Terre !
- Brest, observatoire du temps qu’il fait…dans le monde
- Les émissions anthropiques de CO2 sur terre, constat et perspective
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Yann Cohignac

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bcomte, 02 / 02 / 2009 - 13:31
“Un satellite qui va regarder la terre respirer? Vu la situation ce serait plus juste de dire "regarder la terre suffoquer". mais finalement c'est peut être une bonne idée. il est parfois utile de prendre de la distance pour mieux comprendre une situation.”

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