Politique

Publié le :
24/11/2008
Commentaires :
1
Envoyer à un ami

DOSSIER : Obama face au défi environnemental

Obama : vers une agriculture verte et sociale

DOSSIER : Obama face au défi environnemental
Agrandir l’image
fotolia.com
« Il n’y a pas de meilleur stimulant, qui irrigue toute l’économie, qu’une nouvelle politique énergétique… »

L’agriculture américaine est la première du monde. Tant pour la production que pour les exportations. Alors maintenant que les Etats-Unis ont élu leur nouveau président, le monde se demande quelles vont être les orientations du pays dans le secteur primaire. Dans sa campagne, Barack Obama a souhaité une économie rurale plus environnementale et sociale. Révolution à venir ou continuité ?

Le sujet de l’agriculture n’a pas pesé lourd dans la campagne présidentielle américaine. Certes, ni Barack Obama ni son adversaire n’étaient familiers des questions rurales. Et il faut dire aussi que tous deux ont préféré répondre aux préoccupations premières des Américains : crise financière, risques de récession, de chômage, d’inflation et guerre en Irak. Mais maintenant que l’on connaît le nom du vainqueur, il est nécessaire de se pencher sur son programme agricole. Le nouveau président démocrate a tout de même ses opinions sur le sujet, souvent bien différentes du camp républicain.
En matière d’agriculture énergétique, d’abord, Barack Obama s’est distingué en axant beaucoup son discours sur les carburants verts. Il souhaite encourager fortement l’usage de l’éthanol et d’autres énergies renouvelables comme l’éthanol cellulosique (produit à partir de déchets agricoles). Objectif ambitieux : produire 2 milliards de gallons (un gallon correspondant à 3,78 litres) de biocarburants d’ici à 2013.
Même si John McCain avait aussi l’intention de promouvoir ce secteur, Barack Obama a été davantage précis en déclarant vouloir investir 150 milliards de dollars sur dix ans dans différents projets d’énergie verte. Le doublement du financement pour la recherche dans ce domaine a aussi été évoqué. De la même façon, Obama désire augmenter les fonds consacrés au programme de certification des produits biologiques. Son but : aider les paysans bio à respecter les normes nationales et développer l’activité. Et vis-à-vis des OGM, sans s’y opposer formellement, il a toujours affiché une certaine prudence.
Toujours dans le volet environnement, le démocrate veut « privilégier l’optimisation des ressources énergétiques » dans le secteur primaire : « Une nouvelle direction s’impose. En nous organisant, je ne vois pas pourquoi nos agriculteurs ne pourraient pas continuer à produire des denrées alimentaires en quantité suffisante tout en respectant l’environnement », a-t-il déclaré en campagne dans le Missouri.

Une politique sociale-libérale ?

Côté économie agricole, Barack Obama a son idée : le « free but fair trade » (marché libre mais juste) et une politique commerciale plus « équitable ». En gros, il s’agit toujours de soutenir la libéralisation des échanges mais d’y inclure davantage de considérations pour les intérêts des travailleurs. Il est en outre question de soutenir l’éducation et l’accès aux soins en zone rurale.
Le démocrate a également affirmé sans cesse vouloir « aider les familles d’agriculteurs » plutôt que les grandes entreprises agricoles : « Ce qu’il faut, c’est offrir aux agriculteurs un peu de stabilité. C’est pour cela que nous avons conçu un plan d’aide spécifique. Il faut arrêter de verser ces énormes subventions aux grosses structures de l’industrie agroalimentaire et les destiner en priorité aux petits exploitants qui en ont réellement besoin ».
Sur ce point, Obama a affiché clairement sa différence avec McCain. Alors que le républicain a voté contre le « Farm bill » en mai 2008 (un plan d’aide fédérale à l’agriculture), le nouveau chef de l’Etat souhaite le maintenir tout en plafonnant les subventions aux exploitations à 250 000 dollars par an. Il compte aussi faire la chasse aux grandes entreprises qui procèdent à des opérations de division des surfaces pour éviter les plafonds d’aides et percevoir des subventions supplémentaires.
Enfin, Barack Obama s’est montré assez ouvert sur la question des travailleurs immigrés dans l’économie rurale : « Sans l’apport de main-d’œuvre de l’immigration, l’agriculture américaine peut mettre la clé sous la porte », a-t-il soutenu. Concrètement, il a l’intention de favoriser le regroupement familial et d’augmenter le nombre d’immigrés réguliers.
Reste à savoir maintenant si les promesses de campagne seront tenues. Ce qui peut d’ors et déjà être affirmé, c’est que les orientations de la politique agricole américaine ne devraient pas être modifiées en profondeur. Les Etats-Unis resteront très interventionnistes et protecteurs vis-à-vis de leur agriculture. La nouvelle administration n’aura de toute façon qu’une marge de manœuvre assez limitée car c’est le Congrès qui fait les lois. Or l’institution est fortement soumise aux groupes de pression. Et le lobby agricole est très puissant dans le pays.

L’agriculture US en chiffres :

- Les Etats-Unis sont à l’origine de plus de 25 % des échanges mondiaux de blé, de maïs, de soja et de coton. Le « grenier du monde » fournit 40 % de la valeur de la production mondiale.
- Le secteur primaire y représente 1,2 % de la population active. Il y a deux millions d’exploitations. Environ 60 millions des 300 millions d’Américains vivent en milieu rural.
- Seulement 150 000 exploitations réalisent plus des deux tiers du chiffre d’affaires agricole.
- Le pays compte 90 % d’exploitations familiales.
- 17 % du territoire sont des terres cultivées. 26 % sont des pâturages.
- L’agriculture correspond à 2 % du PIB mais les produits agricoles constituent près de 5 % de la valeur des exportations américaines.
- Le cours mondial des produits agricoles est établi aux Etats-Unis (Bourse de Chicago)

 

Pashû Dewailly

  Laisser un commentaire

<< page précédente
Politique environnementale nationale : les Etats-Unis s’impliquent-t-ils ?
bcomte, 26 / 11 / 2008 - 11:51
“Lorsque Obama a été élu, je faisais partie des optimistes qui pensaient que tout allait enfin pouvoir changer. Malheureusement, une fois l'euphorie du moment passée, je me demande si l'environnement va retrouver la place qu'il mérite aux Etats-unis.”

focus

 

Vidéos



Rechercher un éco-acteur

 
            

Les articles les plus lus

La pierre d’Alun, toxique ou pas ?
Une gousse d’ail cru par jour !
Comment blanchir ses dents naturellement?
Faire son potager pourrait devenir illégal
Lutte contre l’habitat indigne et contre le danger électrique : il y a urgence

Les mots-clés de l'actu

Technologie

31 / 01 / 2014

Navia : le premier véhicule sans chauffeur commercialisé

07 / 01 / 2014

Ele, le vélo électrique solaire

18 / 12 / 2013

Copenhagen Wheel : la roue qui révolutionne le vélo !

Conso

27 / 03 / 2014

L’essor de la consommation collaborative : exemple du troc !

12 / 03 / 2014

Alerte sur la qualité des volailles consommées en France

04 / 03 / 2014

Les aliments du mois de mars

Environnement

17 / 03 / 2014

Pic de pollution en France : quelles mesures ont été prises ?

28 / 02 / 2014

Journée internationale de l’ours polaire

17 / 02 / 2014

Poursuite d’évènements météorologiques extrêmes : conséquence du réchauffement ?

Insolite

24 / 03 / 2014

L’arbre-cathédrale d’Horace Burgess

24 / 03 / 2014

Samsara : un documentaire percutant de la Terre entre grandeur et décadence

19 / 03 / 2014

En Amérique, le calvaire que vivent les chevaux en fin de carrière


Développement durable - tout savoir sur l'environnement