Politique

Publié le :
19/03/2009
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AZF : les Verts prévenaient depuis 20 ans

AZF : les Verts prévenaient depuis 20 ans
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© Eric Gevaert - Fotolia.com
« Quand on dénonçait les risques, on nous disait ce n’est pas vrai, puis ce n’est pas grave, ou encore ce n’est pas moi »

Le long procès de l’accident industriel de l’usine chimique AZF s’est ouvert le 23 février, huit ans après le drame toulousain. Et le 18 mars, c’est Gérard Onesta, député Vert européen et militant écologiste depuis 20 ans dans la ville rose, qui était invité à s’exprimer. Selon lui, des mises en garde contre les risques avaient été formulées depuis longtemps.

Les défenseurs de l’environnement ont averti, à de nombreuses reprises, pendant 20 ans : l’usine AZF présente un grand danger. Mais… « nous avons fait face à la surdité de beaucoup, les salariés mais aussi les élus qui acceptaient les demandes d’agrandissement, d’augmentation de la production. Quand on dénonçait les risques, on nous disait ce n’est pas vrai, puis ce n’est pas grave, ou encore ce n’est pas moi », affirme Gérard Onesta.

Si son audition devant le tribunal correctionnel de Toulouse a été rendue possible, c’est que le parti des Verts s’est constitué partie civile dans cette affaire. Le député est cité comme témoin par la formation politique. Il est encore sous le choc : « Après la catastrophe, ce qui était inaudible jusqu’alors était devenu intéressant, on me tendait tous les micros par ce que j’étais juché sur une ville en ruine, sur 31 morts et 2000 blessés, j’avais la nausée ».

« L’explosion d’AZF était évitable, peut-être prévisible, donc inadmissible »

« Nous ne voulons pas récupérer la douleur des victimes, mais les Verts ont leur mot à dire comme victimes d’un préjudice moral pour s’être battus pendant 20 ans. Et rien n’a changé en matière de débat démocratique, pour que les citoyens puissent enfin avoir des risques choisis et non pas des risques subis », lance M. Onesta.

Et de dénoncer le nombre risible de plans de prévention des risques technologiques en France : seulement cinq sur les 423 prévus par la loi depuis l’été 2008. Avant d’ajouter : « La société nationale des poudres et explosifs (la SNPE est voisine du cancéropôle qui occupera bientôt le site d’AZF) continue de fabriquer des produits dangereux, des substances explosives subsistent à proximité, immergés dans des ballastières depuis la guerre de 14-18 ».


Il y a huit ans, AZF explosait :

Le 21 septembre 2001 à 10h17, l’usine de produits chimiques Azote et fertilisants (propriétaire du pétrolier Total), située au cœur de la ville, explose : c’est le plus gros accident industriel de l’après-guerre. 30 Toulousains sont tuées, 2500 sont blessées, et les dégâts sont impressionnants : 30 000 logements détruits et plus de 20 000 personnes à indemniser. Le coût du sinistre est aujourd’hui estimé à plus de 1,5 milliards d’euros.

L’explosion de 300 tonnes de nitrate d’ammonium a laissé un cratère de 10 mètre de profondeur sur 50 de diamètre. Très vite, la piste de l’accident est évoquée. Puis celle de l’attentat terroriste. Un procès fera-t-il éclater la vérité ?

Ce dernier s’est ouvert le 23 février pour trois ou quatre mois (tribunal correctionnel de Toulouse). Il est à la hauteur de la catastrophe : 3,5 millions d’euros de budget, 229 parties civiles (210 personnes physiques et 19 associations, syndicats et mouvements politiques), 70 experts et témoins, et 51 avocats. Cinq d’entre eux s’attachent à défendre Serge Biechlin, directeur de l’usine, et la société Grande Paroisse, propriétaire d’AZF et filiale de Total. Ils sont prévenus pour « homicides et blessures involontaires, destructions et dégradations involontaires par l’effet d’une explosion ou d’un incendie et infractions au code du travail ».

Le procès rentrera dans l’histoire : les audiences sont filmées, comme ceux de Barbie, Touvier ou Papon. Total a essayé, en vain, de l’empêcher.


Lire aussi :
- Risques industriels : une table ronde en préparation
- Pollution : des milliers d’usines européennes en infraction
- Mercure : Chantal Jouanno lance une nouvelle campagne de mesures
- Pollution au mercure sur l’Hexagone : France Nature Environnement tire la sonnette d’alarme

Yann Cohignac

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