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Publié le :
02/12/2009

Réchauffement climatique, Copenhague : le PS prend enfin la parole

Mieux vaut tard que jamais : une semaine avant la Conférence de Copenhague, le PS s’est décidé à se faire une place dans le débat climatique. Martine Aubry a ouvert hier soir Rue de Solférino (1er décembre) le Bureau national « exceptionnel » consacré au réchauffement et exposé les propositions du parti en la matière.

Réchauffement climatique, Copenhague : le PS prend enfin la parole
« Nous ne découvrons pas l’énergie et le climat à l’occasion de Copenhague. Quand on fait le bilan de l’ensemble de nos actions en matière environnementale menées dans les régions que nous dirigeons, on voit que nos élus ont mené des politiques très audacieuses et innovantes » (Martine Aubry)Crédit photo : © Elnur - Fotolia.com

Certains désespéraient de voir le Parti Socialiste se saisir un jour de la question climatique. Mais après une position ambigüe dans le débat sur la taxe carbone et le départ du secrétaire national adjoint à l’environnement, Eric Loiselet, pour Europe Ecologie, la gauche semble enfin se soucier de Copenhague… et d’écologie : « La crise écologique est devenue la première cause de destruction de l’homme par l’homme » et « la fuite en avant serait une impasse, voire un point de non-retour pour la planète », a lancé hier Martine Aubry au siège du parti, qui s’est finalement positionnée sur le sujet. Et d’appeler à « mettre en place un nouveau modèle de production ».

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Le PS n’est donc pas indifférent au fléau du réchauffement climatique. Au contraire, selon la première secrétaire : « Nous ne découvrons pas l’énergie et le climat à l’occasion de Copenhague. Quand on fait le bilan de l’ensemble de nos actions en matière environnementale menées dans les régions que nous dirigeons, on voit que nos élus ont mené des politiques très audacieuses et innovantes […]. La gauche n’a pas eu à repeindre ses idées en vert : elle a tout simplement fait ». Pourquoi avoir alors tant attendu pour parler du sommet de l’ONU ? Une priorité accordée à la critique de la réforme des collectivités territoriales, explique-t-on au PS.

Mme Aubry a même estimé que le programme de « la social-écologie » n’avait pas « énormément de différences » avec celui d’Europe Ecologie, notamment pour répondre aux attaques formulées contre elle après son absence au « Forum de Copenhague » organisé par Daniel Cohn-Bendit. Autres raisons : ne pas laisser au seul parti écologiste le monopole de la protection de l’environnement à l’approche des élections régionales de mars prochain, et préciser la position particulière du PS sur ce thème : « Nous insistons peut-être plus sur le fait de rendre indissociables les questions écologique et sociale ».

Deux taxes en faveur du climat

Première proposition concrète du PS pour Copenhague : un objectif européen plus ambitieux pour combattre le réchauffement climatique. « Dans son Paquet énergie-climat, l’Europe a fixé un objectif de 30 % à échéance 2020. Nous disons que c’est insuffisant. Il faudrait une autre étape tout de suite et s’engager sur - 40 % pour l’Union européenne pour 2030 », a jugé Martine Aubry. La première secrétaire, qui se rendra dans la capitale danoise les 15 et 16 décembre, a par ailleurs affirmé que « le monde de demain ne peut pas être seulement celui du ‘green business’ ».

Opposée à l’idée de taxe carbone aux frontières de l’UE, défendue par Nicolas Sarkozy, elle préfère « une taxe qui permettrait d’intégrer dans le prix des produits le nombre de kilomètres parcourus ». Car « il faut réduire le nombre de marchandises qui se déplacent dans tous les sens, ce qui génère des rejets de CO2 massifs », a plaidé Laurence Rossignol, secrétaire national chargée de l’environnement. « Cela pourrait peut-être éviter que nous consommions des tomates et des fraises d’Afrique du Sud en plein hiver », a expliqué son invité, Jean Jouzel, vice-président du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).

Autre proposition : une taxe sur les transactions financières pour aider les pays émergents à s’adapter aux effets du changement climatique. « Un engagement absolu vis-à-vis des pays du Sud », une sorte de « taxe Tobin verte », selon Mme Rossignol, qui a certainement dû séduire deux autres invités : Ousmane Tanor Dieng, premier secrétaire du PS sénégalais, et Fernando Gabeira, secrétaire général du parti écologiste brésilien. Mme Aubry a en outre salué « le geste politique fort » d’Obama sur l’objectif américain de réduction des émissions de gaz à effet de serre (- 4 % d’ici 2020 par rapport à 1990), tout en admettant qu’il n’était « pas à la hauteur ». Ainsi que les engagements de la Chine. « Maintenant, nous attendons l’Inde ».

Yann Cohignac
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