Politique

Publié le :
20/04/2009
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Réchauffement : les Etats-Unis inscrivent les gaz à effet de serre dans l’axe du mal

Réchauffement : les Etats-Unis inscrivent les gaz à effet de serre dans l’axe du mal
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« Finalement, l’EPA a officiellement reconnu que la pollution au carbone conduisait à des vagues de chaleur meurtrières, qu’elle provoquait des ouragans, entraînait des pics de smog et présentait des menaces pour la santé humaine »

C’est officiel : aux Etats-Unis, les gaz à effet de serre sont désormais reconnus dangereux pour la santé publique et le bien-être de l’humanité. L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) l’a déclaré ce week-end. Une décision qui confirme la volonté de Barack Obama de s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Après deux années d’examens scientifiques (demandés par la Cour suprême en 2007), l’EPA affirme donc aujourd’hui que six gaz à effet de serre (CO2, méthane, oxyde nitreux, hydrofluorocarbone, hydrocarbure fluoré et hexafluorure de souffre) contribuent à la pollution et menacent la santé publique. « Ces gaz représentent un grave problème aujourd’hui et pour les générations futures », a insisté Lisa Jackson, directrice de l’agence.

Résultat : les émissions peuvent donc désormais tomber sous le coup de la loi antipollution : le « Clean air act », entré en vigueur en 1970. Un sérieux coup de pouce pour la politique environnementale de Barack Obama, son projet de marché carbone (« Cap and trade »), et sa loi sur le climat : le président américain souhaite en effet avancer sur ce terrain en empruntant la voie législative plutôt qu’une réglementation par décrets. Le rapport de l’EPA devient ainsi un moyen de pression efficace sur le Congrès.

En route vers une régulation des émissions américaines

ET AUSSI...

Ed Markey, président de la sous-commission Sécurité énergétique et Climat, a d’ailleurs aussitôt jugé qu’il était temps pour le Congrès d’ « agir en faveur d’une énergie propre pour lutter contre le réchauffement. C’est un impératif pour la sécurité nationale, pour l’économie (…) et la santé publique ». Co-auteur du nouveau projet de loi sur le climat, ce représentant (équivalent d’un député en France, ndlr) démocrate (Massachusetts, Est) a l’ambition de ramener les émissions de CO2 à 14 % sous leur niveau de 2005 d’ici 2020, et 83 % d’ici 2050.

Volonté partagée, bien sûr, par Barack Obama, qui s’est lancé un nouveau défi sur ce point : faire voter le texte avant la conférence de l’ONU sur le climat de décembre (COP 15, à Copenhague), où la communauté internationale attend beaucoup de l’engagement des Etats-Unis après huit années de déni de l’administration Bush (en 2008, encore, l’EPA avait prévenu les autorités fédérales des conséquences néfastes du CO2, en vain).

Espoirs… et inquiétudes

Côté écologistes, l’annonce a été accueillie avec grande satisfaction, à l’image de David Doniger, membre du Conseil de la défense des ressources naturelles : « Finalement, l’EPA a officiellement reconnu que la pollution au carbone conduisait à des vagues de chaleur meurtrières, qu’elle provoquait des ouragans, entraînait des pics de smog et présentait des menaces pour la santé humaine ». Pour Joe Mendelson, de la National Wildlife Federation, cette orientation est « historique et bouleverse la politique sur le climat, qui aura des répercussions aux Etats-Unis et dans le monde ».

Pour les milieux industriels, en revanche, c’est l’angoisse : une vingtaine de secteurs dépendent des énergies fossiles et une action pour réduire l’utilisation du charbon dans les centrales électriques « pourrait réduire le PIB de 166 milliards de dollars et coûter 1,2 million d’emplois », estime Scott Segal, directeur de « Electric Reliability Council ». John Engler, président du syndicat national des fabricants, a lui estimé que cela allait faire « peser un fardeau supplémentaire sur une économie déjà mal en point, sans apporter d’améliorations en faveur de l’environnement. Cette proposition va coûter des emplois. C’est le plus mauvais moment pour proposer une réglementation qui va provoquer une hausse du coût de l’énergie sans véritable but ».

A ne pas manquer :
- Vente des droits d’émissions de CO2 : Obama pourrait laisser plus de temps à l’industrie
- Réchauffement climatique : les Etats-Unis s’engagent fermement
- Le Congrès américain divisé sur la question des changements climatiques

Yann Cohignac

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