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Publié le :
20/03/2009
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New Deal vert : 750 milliards de dollars nécessaires pour changer l’économie

New Deal vert : 750 milliards de dollars nécessaires pour changer l’économie
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« L’argument selon lequel nous ne pouvons nous le permettre ne résiste pas à l’analyse, en particulier étant donné le coût pour l’économie mondiale d’un échec de la lutte contre le changement climatique »

Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), estime qu’il faudrait investir 750 milliards de dollars dans l’économie mondiale pour la rendre respectueuse de l’environnement. Ce New Deal vert permettrait de plus une relance efficace.

Selon Achim Steiner, « il ne faut pas laisser échapper cette chance ». Cette « chance », c’est l’occasion d’engager aujourd’hui un véritable New Deal vert pour éviter le krach écologique et relancer l’économie mondiale. A l’instar du président américain Franklin D. Roosevelt, qui avait lancé son « New Deal » pour sortir de la dépression des années 1930, le directeur exécutif du PNUE a présenté son plan pour en finir avec la crise : 750 milliards de dollars d’investissements, notamment dans le développement des énergies renouvelables.

La somme peut paraître colossale, mais il faut savoir qu’elle ne représente que 1 % du PIB mondial. L’argument a déjà été avancé par le passé (recommandation, par exemple, faite par le cabinet de conseil McKinsey au début de l’année, ou par l’économiste britannique Nicholas Stern en 2006). Il vient d’être repris dans une étude du PNUE qui sera remise aux dirigeants du G20 réunis le 2 avril à Londres.

Le rapport préconise également une taxe sur le pétrole pour financer en partie les dépenses. Ces dernières devront se concentrer principalement sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et des transports, l’essor des énergies propres, l’adaptation de l’agriculture, la gestion de l’eau, des forêts, et des récifs coralliens. Elles contribueraient à la lutte contre le réchauffement climatique, à la création d’emplois, et à la réduction de la pauvreté dans le monde.

Le coût de l’inaction serait bien supérieur

Concrètement, il s’agirait de taxer le pétrole dans les pays riches de l’Organisation pour la coopération économiques (OCDE). Un prélèvement qui permettrait notamment une levée rapide de fonds, indispensable pour trouver un accord à Copenhague en décembre (la communauté internationale s’y réunira pour décider des suites à donner au Protocole de Kyoto après 2012).

« Si, pour prendre un exemple théorique, on imposait pendant cinq ans une taxe de 5 dollars le baril aux pays de l’OCDE, cela génèrerait 100 milliards de dollars par an et se traduit, à la pompe, par environ 3 cents le litre. Cela passerait presque inaperçu pour le consommateur », a expliqué M. Steiner (un baril de pétrole contient 158 litres et la consommation de l’OCDE est d’environ 20 milliards de barils par an).

Et d’ajouter : « L’argument selon lequel nous ne pouvons nous le permettre ne résiste pas à l’analyse, en particulier étant donné le coût pour l’économie mondiale d’un échec de la lutte contre le changement climatique ». Nicholas Stern avait indiqué dans son rapport sur « l’économie du changement climatique » (octobre 2006) que 1 % du PIB mondial consacré au climat serait très inférieur au coût de l’inaction qui se traduirait, lui, par une perte annuelle de PIB de l’ordre de 5 à 20 % à l’échelle du Globe.

Achim Steiner pense par ailleurs que les marchés des droits d’émission de carbone ne seront pas une source de revenus suffisante. Mais se réjouit que les programmes de relance économique de nombreux pays, comme la Chine ou les Etats-Unis, favorisent la croissance verte.


Site du PNUE


Lire aussi :
- Relance « verte » : 340 milliards d’euros alloués dans le monde
- Crise financière : quel avenir pour le développement durable ?
- Développement durable : quoi de neuf en 2009 ?
- Une taxe carbone pour réduire les émissions de gaz à effet de serre est-elle efficace ?
- Le marché du carbone remis en cause par la crise économique
- La Commission européenne et le cabinet McKinsey ont publié leurs conclusions pour lutter contre le réchauffement climatique

Yann Cohignac

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