Politique

Publié le :
12/03/2009
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L’eau : un secteur en crise

L’eau : un secteur en crise
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« 2500 litres d’eau sont nécessaires à la fabrication d’un seul litre de biocarburant »

A quelques jours du Forum mondial de l’eau, qui se tiendra à Istanbul du 16 au 22 mars, l’ONU a rendu son rapport sur les ressources hydriques de notre planète. Le constat est sans appel : la situation est extrêmement préoccupante. La croissance démographique, les changements climatiques, l’inégalité des ressources, tout concourt à menacer l’équilibre mondial, si fragile. Une goutte d’espoir toutefois : « les défis sont importants mais ils ne sont pas insurmontables », concèdent les experts.

Le préambule du rapport en dit long sur la crise sans précédent qui menace nos ressources en eau. « Le secteur souffre d’un manque chronique d’intérêt politique, d’une mauvaise gouvernance et de sous-investissement ». Triste constat pour une ressource vitale, tant sur le plan de l’humain que d’un point de vue économique. En effet, l’eau ne dispose que de 6 % des aides totales accordées. Le rapport de l’ONU sonne le rappel. Il devient urgent d’agir.

Une population nombreuse et exigeante

Sur le plan démographique, la croissance inexorable de la population mondiale aggrave le problème. Chaque année, les besoins en eau augmentent de 64 milliards de mètres cubes. Pourtant, l’approvisionnement en eau potable n’est pas le principal souci à résoudre. C’est pour l’agriculture, la production d’énergie et le développement économique que les besoins sont les plus exigeants. Paradoxalement, l’attrait soudain et massif pour la nourriture saine, voire bio, accentue encore davantage cet épuisement des ressources en eau. La production d’un kilo de blé nécessite de 400 à 2000 litres d’eau selon les régions et celle d’un kilo de viande de 1000 à 20 000 litres. Sommes-nous trop « gourmands » ? Va-t-on devoir choisir, un jour prochain, entre bien manger et bien boire ?
 
Le bio à tout prix ?

Le même paradoxe se pose quant à l’énergie. Echaudés par les cours fluctuants du pétrole et le monopole de grands groupes prétroliers, nous sommes de plus en plus tentés par les biocarburants. Encore à l’état de projets, ils séduisent et alimentent bon nombre de discussions. Là encore, le serpent se mord la queue. Jusqu’au sang ? Probablement quand on sait que 2500 litres d’eau sont nécessaires à la fabrication d’un seul litre de biocarburant. A peine croyable. Allons-nous devoir encore faire un choix cornélien ? Préservation de l’eau ou développement durable ? Bien que très liées, ces deux thématiques ici s’oposent.

La terre ne tourne pas rond !

Le dérèglement climatique joue aussi un sale tour à de nombreuses populations. Sécheresses plus longues, inondations plus fréquentes… les climatologues sont unanimes. Dans les régions alimentées par des glaciers ou des neiges, la fonte devient de plus en plus précoce. Le calendrier est bouleversé : l’eau sera désormais disponible au printemps et non en été. Ces perturbations, déplore le rapport, vont, à terme, menacer la sécurité, déplacer des milliers de personnes et engendrer des conflits régionaux. Ces incohérences climatiques, bien sûr dûes à l’action humaine, ont conduit les hommes à surexploiter les écosystèmes. « Dans certaines régions, la réduction des stocks et la pollution ont atteint un point de non-retour », déplorent les auteurs du rapport. Pour exemple, les fleuves tels que le Colorado ou le Nil n’atteignent plus la mer !

Et après ?

Impact économique (suite aux sécheresses et aux inondations), conséquences sanitaires (1,7 million de morts par an dans les pays en développement pour manque d’eau saine), enjeu politique…il est temps de passer à l’action. Le rapport exhorte les gouvernements, les pouvoirs publics, la société civile et chacun d’entre nous à repenser la manière dont nous gérons nos ressources hydriques. C’est une réflexion en profondeur que nous devons mener. La clé, selon les experts, serait de « trouver un meilleur équilibre entre la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses effets ». En d’autres termes, cesser de nous focaliser sur les causes pour traiter le problème en amont. L’eau, beaucoup semblent l’avoir oublié, n’est pas une ressource intarissable…

Pour en savoir plus rendez-vous sur le site de l'ONU

Lire aussi :
- Tribunal de l’eau : des responsables internationaux « jugés » pour atteinte à la nature
- "Grenelle de la mer": la mer aussi a droit à son grenelle
- Angleterre : pénurie d'eau à l'horizon

Albane Wurtz

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