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Céline Arnal, fondatrice et directrice de Cybelle Planète

Date de l'interview :
26 / 05 / 2010
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Céline Arnal
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Le tourisme se diversifie. Il s’humanise et devient éthique et solidaire. Nouvelle forme d’éco-tourisme actif, déjà très prisée dans les pays anglo-saxons, l’éco-volontariat n’en est qu’à ses balbutiements en France. Plusieurs associations se partagent ce marché naissant. La fondatrice et directrice de l’une d’entre elles, Cybelle Planète, nous explique les tenants et les aboutissants de l’éco-volontariat. Rencontre avec Céline Arnal…

Developpementdurable.com : Détaillez-nous votre parcours personnel ?

Céline Arnal : Je suis fondatrice et directrice de l’association Cybelle Planète. Je possède un doctorat en biologie marine et écologie. Après mes études, j’ai travaillé dans la recherche, notamment dans le domaine de la biodiversité. Par la suite, j’ai donc crée l’association dans la ligne directe de tout ce que j’avais pu apprendre auparavant.

dd.com : Pourquoi avez-vous crée cette association ?

C.A : Au départ, j’y voyais le moyen de concilier une éthique personnelle liée à la solidarité et à l’écologie et en même temps une qualité de vie. Le fait de travailler sur le terrain tout en étant autonome m’a totalement conquise.

dd.com : Quels types d’actions menez-vous ?

C.A : Cybelle Planète est une association d’écologie participative. Notre objectif est de permettre à tous d’agir en faveur de l’environnement.

Deux types d’actions s’offrent aux volontaires. Premièrement, l’éco-volontariat. Nous proposons à des personnes sans compétence particulière d’aller épauler des équipes de professionnels sur des projets de préservation de la biodiversité. Et l’aide n’est pas que physique. En finançant leur voyage, les éco-volontaires vont aider ces projets à subsister.

A ce jour, nous proposons 28 projets répartis dans le monde entier. Pour cet été, par exemple, nous avons un projet qui concerne l’étude des cétacés et de la biodiversité au large de la France, en voilier, sur la Méditerranée. Au Portugal, il est possible de s’intégrer au projet Loup. Un centre s’occupe de récupérer les loups affaiblis et tente de les réintroduire dans leur milieu naturel. Nous avons d’autres projets très différents comme l’étude de la faune sauvage en Afrique du Sud ou le don de soins dans un refuge d’éléphants en Thaïlande.

La durée d’immersion est très variable et peut aller d’une semaine à plusieurs mois selon la durée des projets et la disponibilité des écovolontaires. Les tarifs sont également très variables. Pour le projet Loup par exemple, comptez 21€ la journée, hébergement compris, pour 13 jours minimum. En Afrique du Sud, pour 2 semaines, le tarif s’élève à 1215€. L’association récupère 30 % de la participation des éco-volontaires et le reste est versé au projet. Le montant est déterminé en fonction des besoins des projets et du coût de la vie sur place.

Mais nous proposons également un deuxième type d’actions : les séances citoyennes. L’objectif, ici, est de regrouper les citoyens autour d’un projet de suivi à long terme de la biodiversité. Le programme consiste à suivre l’état de santé de la biologie marine en Méditerranée. Nous travaillons avec une vingtaine de spécialistes et de chercheurs et nous avons mis en place un système de comptage accessible à tous, soit par plongée sous-marine, soit en apnée, soit à partir d’un bateau. Sur le site du projet Cybelle-Méditerranée, chacun peut télécharger ces méthodes de calcul, faire ses propres comptages en mer et nous faire part de ses résultats directement sur le site par le biais de formulaires spéciaux. Ce type de projet n’est basé que sur du bénévolat.

dd.com : Quelles sont les conditions d’adhésion ?

C.A : Pour participer à un projet, il faut être adhérent et s’être acquitté de la somme de 50€ par an. Dans le cas des séances citoyennes, l’adhésion n’est pas obligatoire mais coûte 20€ par an. Nous avons environ 150 adhérents. Les séances citoyennes ne fonctionnent que grâce aux financements externes et à l’éco-volontariat dont nous recueillons une partie des bénéfices au titre de fonds de développement.

dd.com : Comment gérez-vous la sécurité des éco-volontaires sur place ?

C.A : Nous sélectionnons justement les projets selon des critères de sécurité. Avant de proposer un projet, nous nous assurons que les missions sont bien pensées et sécurisées, sans prises de risques inutiles. Nous essayons d’encadrer les participants au mieux mais comptons sur la responsabilité de chacun. Il faut toutefois savoir que ces projets sont réservés à des personnes majeures. De plus, avant de partir, les éco-volontaires doivent lire un document d’engagement qui stipule qu’une conduite responsable doit être tenue.

dd.com : Ce type de volontariat est-il répandu en France ?

C.A : Non très peu, trop peu. Mais c’est un phénomène très récent. L’écovolontariat existe depuis 40 ans aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons alors qu’en France, il est apparu il y a à peine 5 ou 6 ans. Nous sommes actuellement 3 associations en France à travailler de manière différente mais à proposer sensiblement le même projet. C’est effectivement très peu.

dd.com : Que diriez-vous à ceux qui confondent éco-volontariat et éco-tourisme ?

C.A : La différence, c’est l’action. L’écotourisme consiste à se rendre dans un pays, avec le plus grand respect bien sûr, dans le but de découvrir la faune et la flore à l’aide d’un guide. L’éco-volontariat, lui, apporte une nouvelle donnée : l’action, il s’agit d’aller rejoindre un projet et d’agir concrètement en faveur de la protection de l’environnement.
 

Propos recueillis par Yann COHIGNAC

Pour en savoir plus : Cybelle Planète et Cybelle Méditerranée

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