Développement durable - tout savoir sur l’environnement


Insolite

Publié le :
02/06/2010
Commentaires :
4

L'entomophagie ou les aberrations du consumérisme et de la surpopulation

Afin de pallier le problème de la production de viande, véritable ruine pour la planète et les pays pauvres, les ingénieurs de la FAO ont très sérieusement émis l’idée que la consommation d’insectes pourrait remplacer avantageusement les produits carnés habituels, lors d’une conférence à Chiang Mai, en Thaïlande. En effet, les 9 milliards d’individus attendus en 2050 commencent à poser un sérieux problème de disponibilité des ressources naturelles. Plutôt que de limiter comme il se doit la population humaine, ce qui choquerait les humanistes au grand cœur, les chercheurs veulent nous faire avaler des couleuvres. Enfin, des insectes…

L'entomophagie ou les aberrations du consumérisme et de la surpopulation
Après avoir vidé les mers et les forets et après avoir réduits les animaux d’élevages à de la matière alimentaire, l’homme s’attaque aux insectes Crédit photo : © Delphimages - Fotolia.com

L’entomophagie présente de nombreux avantages que la FAO pense sérieusement exploiter pour résoudre la crise alimentaire actuelle ainsi que les suivantes « C’est un type d’alimentation aussi vieux que l’homme », explique Bruno Comby, fondateur de l’institut éponyme et père de la renaissance de ce mouvement dans le monde. « Les petites bêtes ne sont pas seulement délicieuses, elles sont aussi très riches en protéines et présentes en abondance dans la nature ».

ET AUSSI...

L’organisation estime que plus de 1 400 espèces de larves et d’insectes sont consommées dans 90 pays repartis sur les cinq continents. Les insectes sont une source d’alimentation très abondante et les besoins en eau et nourriture sont infiniment moins importants que pour les élevages traditionnels. Passé le stade du dégoût (dans les cultures occidentales), celui qui mange des insectes mange sain : les larves d’abeilles ont une très forte teneur en vitamine D et la chair du criquet offre bien plus de glucide et de calcium que n’importe quelle viande de bœuf.

Mais cette tendance revêt quelques aspects inquiétants

En matière d’alimentation, l’homme doit se plier un minimum aux lois de la nature, car la nourriture (d’origine animale et végétale) provient d’écosystèmes qu’il est dangereux de perturber. L’élevage et l’agriculture ne font pas exception.

Les conséquences ne sont pas spectaculaires mais n’en sont pas moins dramatiques. Ainsi, au début du XXe siècle, les paysans cultivaient encore des dizaines de variétés de blés, de maïs et autres cultures. Par d’incessants échanges et dans l’optique d’un productivisme exponentiel, l’industrie agro-alimentaire a sélectionné les variétés qui lui paraissaient les plus intéressantes. Conséquence, celles parfaitement adaptées à leur milieu ont été remplacées par d’autres, vulnérables aux maladies. D’où l’utilisation d’insecticides, et plus tard d’OGM, pour tenter de recréer, entre autres, la résistance naturelle des espèces disparues. Sans compter l’appauvrissement des qualités nutritionnelles de ces plantes. Les fruits et légumes offrent cependant une large partie, sinon la totalité, des besoins de chacun.

Omnivore signifie-t-il « manger de tout » ou « tout manger » ?

L’homme s’introduit dans tous les maillons de la chaîne alimentaire, il court-circuite de fait les relations d’interdépendance entre les espèces et prive de leur nourriture des espèces à régime exclusif. 

L’entomophagie peut-être intéressante si elle reste cantonnée à un marché de niche, si les prélèvements d’insectes ne mettent pas à sac les biotopes de ces derniers. Exemple, consommer quelques-uns des millions de criquets migrateurs qui ravagent les cultures pourrait être avantageux pour nourrir la population et protéger les champs.

Une entomophagie de masse risque de menacer les espèces d’insectes comestibles et donc de déstabiliser les écosystèmes auxquels ils sont essentiels. Il est probable que cette surexploitation continue, d’autant que le but de cette annonce est de trouver à nourrir 9 milliards d’individus. Chaque année, ce sont 60 milliards d’animaux (sans compter les poissons) qui sont tués pour la consommation humaine. Ce qui laisse imaginer le nombre d’insectes équivalent…

christofer jauneau
  Laisser un commentaire

article précédent HP carbure au pet de vache
Des bactéries « pompent » le pétrole du Golfe du Mexiquearticle suivant
PiBel, 03 / 06 / 2010 - 21:55
“Idée très intéressante à étudier. J'ai appris un jour que des ussaniens ne supportaient pas qu'on leurs servent des crevettes entières ; cela leurs donnait des haut-le-coeurs. Alors que pour nous c'est un régal de choix, et on y mets les doigts avec plaisir !
Pourqou ne mangerions-nous pas des insectes ? Et puis, on peut faires de préparations culinaires. Mais, il faut que l'on se dise qu'il est bien de penser à nourrir les 9 milliards d'habitants, mais avant cela, il faudrait penser à remettre dans le bon sens notre vie sociétale. Il semble que personne ne s'aperçoive que nous avons mis la charrue avant les boeufs. Une organisation sociétale éthique veut que le Politique ait la Primauté, que l'Economie ait un certain libéralisme pour être dynamique, tout en restant sous le contrôle du politique pour éviter les excès, ou bien susciter de nouvelles pistes. Quant à la Finance, son rôle est d'être l'outil de fonctionnement du système politique et du système économique, quitte à devenir un serviuce public, le service n°1. Pour l'instant nous marchons sur la tête depuis 50 ans ; en douce nous avons adopté une organisation sociétale qui donne les pleins pouvoirs et la primauté à la Finance. Et on est étonné que tout aille de mal en pis ! Allons, commençons par en prendre conscience, et remettons de l'ordre dans la trilogie sociétale. Et comme la Finance a trahi sa mission naturelle, eh bien, transformons-la en service public. C'est la seula façon d'affronter correctement l'avenir. Le refuser, c'est condamner la survie de la vie sur la planète. Nous y sommes contraints, à mois d'accepter notre suicide collectif.
Pierre.Bellenger@wanadoo.fr”
Manso, 03 / 06 / 2010 - 21:39
“Tout comme Christofer Jauneau, je suis choqué par l'idée d'être obligé de bouffer des insectes pour pouvoir permettre à des inconscients de continuer à proliférer. Ce d'autant plus lorsque l'on sait que de nombreuses femmes des pays les plus pauvres sont CONTRAINTES par leurs maris ou leur famille avoir ces enfants en surnombre. L'ONU estime d'ailleurs que 20% de ces femmes sont en demande insatisfaite de contraception.
(Voir pétition pour obtenir la gratuité de la contraception dans le monde: http://7343.lapetition.be/ )
Ensuite, la référence à l'espace vital n'honore pas son auteur: les "allemands" estimaient qu'ils avaient besoin de plus d'espace pour être encore plus nombreux et aujourd'hui, c'est complètement l'inverse, il n'y a plus d'espace disponible (la Terre est un monde fini) et nous devons donc arrêter d'être encore plus nombreux.
Il est clair que tout développement durable passe par une limitation volontaire de la procréation.
http://www.demographie-responsable.org/”

focus

 

Vidéos

Inscription gratuite

Chaque semaine recevez votre Newsletter Développement Durable  

Rechercher un éco-acteur

 
            

Les mots-clés de l'actu

Environnement Développement durable
Réchauffement Grenelle
Crise Copenhague
Pollution Grippe A
Recyclage Obama
Nucléaire Pays en dev
Eau Océan
Paquet climat OGM
MEEDDM Pesticides
Bisphénol A Mobile
Ondes Chine
Union européenne Energie

Conso

30 / 08 / 2010

Les compteurs électriques « intelligents » : progrès ou danger ?

20 / 08 / 2010

L’épopée fabuleuse d’une tortue nommée Samy

02 / 08 / 2010

Shampouinez-vous bio !

Technologie

31 / 08 / 2010

Réchauffement climatique : le climato-sceptique Bjorn Lomborg vire de bord

26 / 08 / 2010

Antares H3 : un nouveau planeur à pile à combustible qui ne rejette que de l’eau

18 / 08 / 2010

Bisphénol A : il disparaît des biberons et réapparaît dans les tickets de caisse

Politique

02 / 09 / 2010

Le Giec doit faire peau neuve

01 / 09 / 2010

Des travailleurs sociaux contre la précarité énergétique

30 / 08 / 2010

Présidentielles 2012 : un grand « oui » pour Nicolas Hulot, « peut-être » pour Joly et Cohn-Bendit


Développement durable - tout savoir sur l'environnement