Insolite
Le tour de l’écologie en 365 jours !
Et si on tentait l’expérience de se séparer de tous les produits futiles qui nous entourent ? L’idée ne vous séduit pas ? C’est pourtant ce qu’a tenté une famille new-yorkaise. Pendant un an, elle a renoncé aux biens matériels inutiles et s’est recentrée sur l’essentiel. Bilan ?
| En interrompant leur vie de surconsommateurs, les Beavan ont redécouvert les bienfaits de la nature | Crédit photo : © gilles lougassi - Fotolia.com |
Imaginez donc un peu, si vous deviez vous séparer de votre écran plat, de votre ordinateur, de l’électricité, du réfrigérateur, de votre voiture, des séances de cinéma, des virées shopping, des plats préparés… et de toutes ces choses dont, a priori, on ne pourrait se passer. A priori, seulement. Une famille américaine a tenté l’expérience pendant un an et a survécu !
Michelle Conlin, son mari Colin Beavan et leur fille de deux ans, des Américains lambdas, fervents adeptes de la société de surconsommation ont donc pris la décision de tout abandonner. Michelle Conlin, journaliste pour l’hebdomadaire BusinessWeek a initié le mouvement en suggérant d’abandonner shopping, télévision et cinéma. Le contraire d’une sinécure pour ces adorateurs de plats à emporter, de déplacements motorisés, de shopping à outrance et de téléréalité. Mais la machine était lancée, il fallait aller plus loin. Colin, par militantisme écologique, n’a pas eu à se forcer. L’occasion faisant le larron, il avait même trouvé le thème de son prochain ouvrage, il raconterait l’expérience.
Retrouver le bonheur d’être ensemble
Après avoir abandonné la télévision, le centre du foyer est devenu la table familiale. « J’ai renoncé à la téléréalité pour la réalité », s’émerveille Michelle. Pour continuer de se soustraire à ce qu’elle considère comme des « addictions », elle étend le champ d’investigation à la nourriture, aux déchets, à l’électricité, aux transports. Supermarché ? Ne connaissent plus. Ils se fournissent désormais exclusivement chez les paysans locaux et refusent de se nourrir d’aliments produits à plus de 400 km de New-York.
N’achetant plus d’aliments tout préparés, ils ont réduit le volume de leurs déchets de façon considérable. Durant leur ancienne vie de pêcheurs, ils jetaient 341 litres de déchets tous les quatre jours. Leur « new way of life » leur a permis de n’en jeter plus qu’un. Ils ont également redécouvert quelques plaisirs oubliés. Avec la disparition de leur climatiseur, ils ont pris l’habitude de sortir le soir : flâner dans les parcs à la nuit tombée, se délecter des spectacles offerts par des artistes de rue, échanger, se ressourcer, se retrouver. Et tout cela rien que par le simple fait de ne plus utiliser de climatisation.
Et après ?
Un an plus tard, l’expérience est terminée. Mais pas leur immersion dans un mode de vie plus responsable. Ils ont tout de même repris quelques vieilles habitudes : le supermarché, seulement pour des produits indispensables comme le papier toilette, et le métro qu’ils s’autorisent les jours de mauvais temps. Déterminés à conserver leur nouvelle hygiène de vie, les Beavan sont tout de même encore hésitants. « En fait, nous n’avons pas encore trouvé la manière dont nous voulons vivre », avoue Colin. « D’une certaine manière, le projet a réellement commencé le jour où il a pris fin », explique Michelle. Maintenant, la difficulté va consister à adapter leur éco-consommation à la vie courante, sans pour autant sombrer dans les extrêmes. Devant l’intérêt croissant du public pour leur histoire, Colin a alimenté un blog (noimpactman.typepad.com) et a écrit un livre. Un film documentaire vient même de sortir aux Etats-Unis pour relater l’expérience. Plus qu’une expérience, un sacerdoce.
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- heneket, 08 / 11 / 2009 - 16:21
- “Je suis pleinement d'accord avec notre ami Concierge Durable.
Pour ce qui me concerne, j'essaie de pratiquer une vie simple en prêtant attention à mon entourage, à mes amis. En étant solidaire dès qu'un problème se présente dans mon voisinage ou dans ma famille, en consommant au maximum des produits de saison, en n'achetant pas la dernière bagnole-gadget à la mode, ou l'ultime écran plat. Mon ordi a sept ou huit ans, il fonctionne encore parfaitement. Et s'il n'est pas aussi rapide que les modèles de dernière génération, il me convient parfaitement, la preuve!!
Je mène une vie proche de mon environnement social et de la nature. Je ne vais que rarement en ville, je n'ai aucun plaisir à trainer les rues en bavant devant les vitrines des magasins.
Si une envie particulière se présente, je prends soin de savoir si l'achat envisagé me procurera un plaisir durable et s'il enrichira mes connaissances. Puis, j'attends d'avoir les moyens de me l'offrir. Je pourrais faire un crédit mais je me refuse à entrer dans un jeu malsain imposé par des banques qui par ailleurs contrôlent totalement nos existences alors qu'elles n'ont été investies d'aucun mandat électif !!!
Je vais cependant au cinéma de temps en temps et j'utilise raisonnablement ma vieille Peugeot 306 (surtout pour aller au boulot). J'effectue rigoureusement l'entretien nécessaire à son bon fonctionnement ce qui permet de limiter la casse au niveau environnemental.
Même si je ne suis pas scotché devant ARTE, je vomis la télé réalité et tous les lobotomisés volontaires qui ne jurent que par cette entreprise de décébration collective. Dur dur de faire comprendre à son entourage professionnel, qui se répand en commentaires élogieux chaque matin, ce que cette horreur télévisuelle peut contenir de toxicité (surtout lorsque les enfants la regardent).
Il y a encore bien d'autres choses de ce genre qui guident mon existence dont le maître mot est la simplicité. Un simplicité qui s'agrémente de recherche, d'amélioration de mes connaissances en matière de culture générale et d'attention envers mon entourage.
Pour autant, même si ma vie n'est pas écologiquement exemplaire,
même si j'ai un immense respect pour ce qu'a fait ce couple d'américains, même si je goûte avec beaucoup de plaisir ce mode de subversion anticonsumériste, je ne suis pas persuadé que leur geste sera d'une grande utilité pour faire changer durablement les choses. Je pense qu'ils sont perçus, au mieux, comme de gentils doux dingues.
Je préfère les rencontres et les occasions d'amener les gens à voir les choses différemment par une lente et douce persuasion. Cela passe évidemment par les rencontres et la discussion. Ce qui est déjà un progrès indéniable car lorsque l'on discute (même sur un forum), on n'est pas affalé devant sa téloche...
Et comme le dit avec beaucoup de justesse Concierge Durable, "que de satisfaction d'avoir repris en mains les rennes de sa vie, au lieu d'être guidé par l'envie, la frustration, la consommation."
A bientôt.
Heneket.”
- Concierge Durable, 05 / 11 / 2009 - 9:31
- “Ce n'est pas la SEULE famille à avoir tenté cela, quitte à vous décevoir. Il y a des tas de familles qui font cela, tous les jours, intégrant ou non le mouvement des décroissants, des compacteurs...simplement ils le font de façon plus discrète.
Et ce n'est pas un sacerdoce...on ne se sacrifie pas en faisant cela, on expérimente autre chose, on finit par découvrir que cela apporte des joies différentes, plus réelles, plus profondes. Il n'y a pas de sacrifice là dedans, plutôt un grand sentiment de liberté, d'indépendance, de satisfaction d'avoir repris en mains les rennes de sa vie, au lieu d'être guidé par l'envie, la frustration, la consommation.”
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