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Les Jeux olympiques durables : mythe ou réalité ?

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- « En 2004, le respect de l’environnement devient officiellement le troisième pilier de l’olympisme, avec les sports et la culture »
C’est officiel, Annecy sera la candidate de la France à l'organisation des JO de 2018. Un rendez-vous que la ville annonce durable. Tout comme l’affirmaient d’ailleurs Grenoble, Nice ou Pelvoux. Ou comme le promettent aussi Vancouver pour 2010, Londres pour 2012, et Sochi pour 2014. Mais les organisateurs s’impliquent-ils réellement dans une démarche écologique ? Ou est-ce une simple opération de communication destinée à séduire les comités olympiques ?
Dans l’histoire des JO, les sportifs se sont longtemps plaints des gênes occasionnées par la pollution. Et nombreux furent les écologistes à y dénoncer les excès et les atteintes à la nature. Alors l’écologie a fini par devenir un élément incontournable des rendez-vous olympiques : en 1994, le Comité internationale olympique (CIO) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) s’engagent à coopérer pour intégrer le développement durable dans ces rencontres sportives. En 2004, le respect de l’environnement devient officiellement le troisième pilier de l’olympisme, avec les sports et la culture. Depuis, le souci écologique des organisateurs est un argument essentiel dans les dossiers de candidatures des villes.
Les JO de Pékin (2008), même s’il y a toujours matière à critiquer (la capitale chinoise est l’une des agglomérations les plus polluées du monde), en sont un bon exemple. Selon le PNUE, ils ont respecté leurs engagements environnementaux : la pollution y a été drastiquement diminuée grâce à un investissement de 17 milliards de dollars, notamment dans les transports en commun et les énergies renouvelables. Que proposent donc Vancouver (Canada), pour l’hiver 2010, Londres, pour l’été 2012, et Sochi (Russie), pour l’hiver 2014 ?
Vancouver : des Jeux neutres en carbone
La grande ville canadienne a un objectif : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020. Pour ce faire, l’accent est mis sur le développement des transports publics. Le premier réseau mondial d’autobus à hydrogène sera notamment inauguré pour l’occasion. Et les titres de transport seront vendus avec les billets d’entrée pour les compétitions. Il existera également, selon les organisateurs, une volonté de restreindre les capacités d’accueil et de limiter le nombre de spectateurs, histoire de minimiser nuisances et pollutions.
Le village olympique sera par ailleurs construit avec des matériaux verts et les appartements seront revendus en priorité aux habitants, au prix coûtant, pour éviter la spéculation immobilière. Tout comme les équipements sportifs : la grande patinoire disposera par exemple d’un toit « recyclé », élaboré avec des arbres malades récupérés, et les toilettes fonctionneront à l’eau de pluie. Elle sera par la suite transformée en salle de sports plus modestes pour la population, avec une patinoire plus petite pour économiser l’énergie nécessaire à la réfrigération.
Qui remportera la médaille verte ?
Du côté des organisateurs britanniques et russes, on prépare les mêmes jeux durables : réduction des émissions de CO2, investissements verts (1,75 millions de dollars pour Sochi 2014), développement des énergies renouvelables et des infrastructures de transports. Et pour les candidatures françaises des JO d’hiver de 2018, la communication autour des Jeux propres a également battu son plein : Pelvoux (Alpes du Sud), par exemple, a travaillé en collaboration avec l’association Mountain Riders (qui milite pour un développement durable de la montagne) et affirmait s’inscrire dans la dynamique de la Convention alpine (lire : Réchauffement climatique : adoption d’un plan d’action pour les Alpes). Grenoble annonçait des JO sans véhicule thermique et sans carbone… Mais tout cela est-il bien sérieux ?
Le revers de la médaille
Par le passé, on ne pouvait pas vraiment dire que les JO s’inscrivaient dans une logique de développement durable. Pour ceux de Grenoble, en 1968, on fit construire des autoroutes pour l’occasion. Ainsi qu’un tremplin très vite laissé à l’abandon, car situé dans une zone peu enneigée. Plus tard, en 1998, à Nagano, on décida de placer le départ de la descente masculine de ski alpin en plein milieu d’un parc naturel. En 1996, les organisateurs des Jeux d’Atlanta n’hésitèrent pas à bannir tous les SDF de la zone…
Cela dit, les rendez-vous récents n’ont pas été franchement exemplaires non plus. Turin (2006) en conserve encore les stigmates : tremplins, parking, gares laissés en jachère, spéculation immobilière, record de consommations d’eau pour fabriquer la neige artificielle… Et à Pékin, l’amélioration de la qualité de l’air sur quinze jours n’a pu être obtenue que par la fermeture temporaire de dizaines d’usines et la circulation alternée. Comme quoi, le green-washing touche aussi les Jeux olympiques.
Lire aussi :
- JO 2016 : Tokyo parie sur le développement durable
- Euro 2008 : le développement durable marque des buts
Yann Cohignac
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