Environnement

Publié le :
13/03/2009
Commentaires :
0
Envoyer à un ami

OGM : le point sur une agriculture controversée

Pro-OGM : une nécessité alimentaire, écologique et économique

Page suivante >>

OGM : le point sur une agriculture controversée
Agrandir l’image
fotolia.com
« Les risques de contamination dans l'eau, dans le sol, sur les animaux, tout cela est avéré. Ce n'est donc pas seulement une question de santé publique, c'est une question d'environnement, de biodiversité, et de possibilité pour les autres formes d'agriculture d'exister »

Quels sont les arguments des pro-OGM pour convaincre la population du bien-fondé de ce type d’agriculture ? Les plantes génétiquement modifiées vont-elles jouer un rôle majeur dans le futur de l’humanité ?

Les OGM seraient la réponse à la crise alimentaire dans le monde. C’est en tous cas l’argument défendu par les partisans des cultures transgéniques. Mais ce n’est pas la seule raison qui les pousse à tenter de développer cette forme d’agriculture. D’un point de vue agricole, les OGM permettent de réduire l‘épandage de produits phytosanitaires. L’emploi des plantes tolérantes à certains herbicides privilégie l‘utilisation de produits moins dangereux pour l’environnement. Les agriculteurs gagnent du temps et accroissent la sécurité des productions grâce à de nouvelles solutions pour protéger les cultures contre les maladies et les insectes ravageurs. Les fruits et légumes transgéniques sont souvent plus gros donc cela est synonyme d’un meilleur rendement. Autre intérêt : les OGM sont plus résistants à des milieux moins favorables et peuvent donc se développer dans des conditions de sécheresse ou de salinité plus forte, par exemple.

Des cultures qui rapportent

D’un point de vue industriel, les plantes transgéniques vont permettre une meilleure adaptation à la transformation des matières premières, ce qui permet d’éviter une ou plusieurs étapes polluantes dans les procédés de fabrication. Quant à la valeur nutritionnelle, les pro-OGM estiment qu’elle est accrue et que les produits issus des cultures OGM ont une meilleure cuisson mais aussi qu’ils se conservent mieux. Ils sont nombreux aussi à mettre en avant l’aspect économique. Selon eux, les cultures transgéniques diminuent les coûts de production.

« Les agriculteurs du sud augmentent leur productivité de 40 % grâce aux OGM ! Vous voulez donc tuer le tiers-monde ? Assassin ! ». Parmi les défenseurs des OGM, on trouve le député UMP Bernard Debré. Selon lui, « les OGM vont être la réponse à la faim dans le monde. Car si on ne double pas la production agricole, on ne pourra pas nourrir tout le monde ». Des déclarations qui lui ont valu de recevoir un Monsanto d’Or par Greenpeace en avril 2008. Pour le député, les cultures transgéniques améliorent la qualité nutritionnelle de la nourriture. Selon lui, si la France ne produit plus de plantes génétiquement modifiées, la filière agro-alimentaire perdra sa compétitivité « qui profite à notre indépendance nationale comme à notre rayonnement international ».

Expert en OGM : un métier à risque

Il n’est pas tous les jours évident d’être un militant pro-OGM, ou tout simplement de travailler sur le sujet. A la suite d’un avis de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) montrant que les OGM n’étaient pas dangereux pour la santé de l’homme, une vingtaine de scientifiques ont publié un communiqué dans lequel ils dénoncent la diffamation dont ils sont victimes de la part des anti-OGM. « Les avis émis par les comités d'experts scientifiques ne sont pas systématiquement favorables à tous les OGM. Mais curieusement, les avis négatifs ne font jamais l’objet de récriminations », expliquent-ils. Ces experts, mandatés par des agences publiques en charge de l'évaluation des risques potentiels des OGM sur la santé et l'environnement tentent de rappeler à leurs détracteurs « leur engagement d'indépendance vis-à-vis de tout groupe d'intérêts en relation avec leur mission ». « Depuis le temps que l'on nous reproche d'être à la solde de Monsanto, il serait temps que ceux qui nous traitent de corrompus en apportent la preuve. C'est du trucage de A à Z ! », regrette le professeur Louis-Marie Houdebine, expert OGM à l'Afssa et à l'Efsa.

L’ennemi public numéro 1

Implanté dans quarante-six pays, Monsanto est devenu le leader mondial des OGM, mais aussi l’une des entreprises les plus controversées de l’histoire industrielle. Depuis sa création en 1901, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits. Pourtant, elle se présente aujourd’hui comme une entreprise des « sciences de la vie » convertie aux vertus du développement durable. La firme est le principal producteur de PCB (le pyralène, polluant organique persistant, aujourd'hui interdit et responsable de nombreuses pollutions), de l'agent orange (herbicide utilisé pendant la guerre du Vietnam et fortement cancérigène) et d'hormones de croissances bovine et laitière interdites en Europe. En France, les cultures de maïs MON 810 ont été gelées. Une décision prise également dans d’autres pays d’Europe.

Les semenciers crient à l’injustice

« Il n'y a aucune raison scientifiquement fondée d'interdire les OGM », d’après Philippe Gracien, porte-parole des professionnels des semences et de la protection des plantes. Ils plaident pour un retour à la raison après la décision du gouvernement, du 12 février dernier, de maintenir la suspension de la culture du maïs OGM Monsanto. Selon eux, cette décision va « à l'encontre de l'expertise scientifique et du libre choix des agriculteurs. Les OGM autorisés à la culture ou à la commercialisation en Europe ont tous été évalués et jugés sans risque pour la santé ou l'environnement par les autorités sanitaires française ou européenne », précisent-ils.

 

 

Yann Cohignac

  Laisser un commentaire

<< page précédente
La réglementation en Europe
page suivante >>
Anti-OGM : les cultures transgéniques ne passeront pas !

focus

 

Vidéos



Rechercher un éco-acteur

 
            

Les articles les plus lus

Lutte contre l’habitat indigne et contre le danger électrique : il y a urgence
La pierre d’Alun, toxique ou pas ?
L’essor de la consommation collaborative : exemple du troc !
Goedzak, le nouveau sac poubelle 100% recyclable
Une gousse d’ail cru par jour !

Les mots-clés de l'actu

Politique

10 / 12 / 2013

Nelson Mandela : hommage à un résistant exceptionnel

03 / 07 / 2013

Un nouveau ministre de l’Écologie…

26 / 06 / 2013

La coalition inespérée entre industriels et écologistes français pour la transition énergétique

Technologie

31 / 01 / 2014

Navia : le premier véhicule sans chauffeur commercialisé

07 / 01 / 2014

Ele, le vélo électrique solaire

18 / 12 / 2013

Copenhagen Wheel : la roue qui révolutionne le vélo !

Conso

27 / 03 / 2014

L’essor de la consommation collaborative : exemple du troc !

12 / 03 / 2014

Alerte sur la qualité des volailles consommées en France

04 / 03 / 2014

Les aliments du mois de mars

Insolite

24 / 03 / 2014

L’arbre-cathédrale d’Horace Burgess

24 / 03 / 2014

Samsara : un documentaire percutant de la Terre entre grandeur et décadence

19 / 03 / 2014

En Amérique, le calvaire que vivent les chevaux en fin de carrière


Développement durable - tout savoir sur l'environnement