Environnement
Fonte des glaciers : le Giec navigue en eaux troubles
Saison des ouragans pour le Giec ! Après avoir essuyé une salve de critiques acerbes pendant le « Climategate », les experts climatiques affrontent à nouveau des vents contraires. A l’origine du scandale : des données prévisionnelles sur la fonte des glaciers de l’Himalaya, fondées sur aucun calcul scientifique prouvé. « Une regrettable erreur », pour le président du Giec.
| Les glaciers de l'Himalaya ne devraient pas disparaître en 2035, comme le supposaient les experts du Giec dans leur rapport de 2007. Rajendra Pachauri, le président du groupe d'experts, s'en est excusé. | Crédit photo : © Marta - Fotolia.com.jpg |
Déjà, en novembre dernier, l’affaire avait fait grand bruit. Des courriels piratés sur le site du centre de recherche sur le climat de l’université d’East Anglia, en Grande-Bretagne avaient donné de l’eau au moulin des climato-sceptiques. S’emparant de l’affaire pour en faire un scandale à l’échelle internationale, les opposants à la thèse de l’impact humain sur le réchauffement climatique avaient profité de l’occasion pour dénoncer les travaux du Giec. Brandissant la menace d’un mensonge aux allures de complot, ils avaient alors usé de nombreux stratagèmes pour discréditer l’adoption d’une loi sur le climat au Congrès américain ainsi que d’un traité contraignant à Copenhague. La suite, tout le monde la connaît !
L’affaire aurait pu être rapidement reléguée aux oubliettes si un autre scandale n’avait éclaté ce mois-ci. Plus sérieux cette fois, la pomme de la discorde n’est autre que la date à laquelle les glaciers himalayens sont censés disparaître de la surface de la planète. Mais reprenons le problème à l’origine. En 2007, dans leur rapport de 938 pages qui leur avait valu le Prix Nobel de la Paix, les experts du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat tablent sur une disparition des glaciers de l’Himalaya pour 2035, « voire avant ». Or, selon le glaciologue américain Graham Cogley, qui participe d’ailleurs aux travaux du Giec, le signal d’alarme avait été tiré par plusieurs scientifiques concernant la véracité de telles projections qui ne s’appuyaient que sur les calculs non vérifiés d’un glaciologue indien, Syed Hasnain.
Une date incertaine pour une fonte certaine des glaciers
Des allégations lourdes de conséquences pour la Chine et l’Inde, deux pays alimentés en eau par la fonte saisonnière des glaces. Reconnaissant l’erreur de ses semblables, le président du Giec, Rajendra Pachauri, a admis que le rapport incriminé « fait référence à des taux de retrait et à une date de disparition des glaciers de l’Himalaya peu fondés ». Déplorant « une regrettable erreur », il a assuré qu’à l’avenir, les procédures de recherche seraient renforcées. Mais a toutefois exclus de démissionner. Mettant donc en cause la date de disparition des glaciers, le Giec confirme toutefois que la fonte des sommets de l’Himalaya, des Andes et de l’Hindu-Kush s’accélérera au XXIe siècle.
Cette affaire, si elle alimente l’optimisme des climato-sceptiques, ne doit pas non plus participer au discrédit des experts scientifiques unanimement reconnus. Prudent, le Pr Kaser, un glaciologue autrichien qui avait émis quelques réserves avant la parution du rapport en 2007, déconseille toutefois de discréditer le Giec mais reconnaît qu’il faudra revoir les méthodes de rédaction du prochain rapport, à paraître en 2013 ou 2014.
![]() | Laisser un commentaire |
|
|
focus | Vidéos![]() |
Rechercher un éco-acteur
Interviews
Xavier Auriolle
Si cette démarche a sa place chez nous, c’est bien parce qu’elle correspond à notre ADN, qu’elle apporte une vision nouvelle et efficace de l’entreprise à nos actionnaires, et qu’elle devient enfin une attente sérieuse chez nos clients professionnel comme particulier. ...
Claire Martin
La RSE est dans les gènes de Renault. Avec la création de la Direction de la RSE en 2009, nous avons franchi une étape supplémentaire en structurant une politique groupe déployée partout dans le monde, et en élargissant le périmètre de notre champ d’action à des aspects sociétaux. ...
Stéphane Vromman et Alexandre Laing
L’économie solidaire et la proximité sont des tendances très fortes de la société. Ce sont à la fois des réponses à la crise qui s’est installée depuis quelques années et des tendances de fond qui nous pousse à privilégier l’entraide et l’humain ...
Géraldine Trapp
Il n’y a pas de solution unique idéale, je pense qu’il y aura une multiplicité de solutions adaptables au cas de chacun, pour des raisons géographiques, climatiques et de ressources naturelles. Je pense aussi que c’est à chaque individu et à chaque entreprise de se prendre en main afin de réfléchir ...















