Environnement

Publié le :
27/03/2009
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Environnement : le France inscrite sur la liste noire de la pêche illégale du thon rouge

Environnement : le France inscrite sur la liste noire de la pêche illégale du thon rouge
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« Motifs : utilisation de filets dérivants interdits, pêches au-delà des périodes réglementaires, absence de notification des prises et retards dans la transmission des données »

A l’instar de la Chine, de la Lybie, de la Tunisie, du Panama, et de l’Italie, la France vient d’être rappelée à l’ordre par le Congrès américain. Notre pays serait incapable de contrôler la pêche illégale de thon rouge en Méditerranée. Et ce n’est pas la première fois qu’on lui reproche.

Se basant sur un rapport de la NOAA (administration américaine chargée de l’étude de l’océan et de l’atmosphère), le Congrès américain a ajouté la France sur sa liste noire des pays incapables de contrôler la pêche illégale du thon rouge en Méditerranée. Motifs : utilisation de filets dérivants interdits, pêches au-delà des périodes réglementaires, absence de notification des prises et retards dans la transmission des données.

Mais pourquoi les Etats-Unis s’intéressent-ils à une activité pratiquée dans une mer si éloignée de leur territoire ? Tout simplement parce que le thon rouge de l’Atlantique, dont la pêche sportive est autorisée le long des côtes nord-américaines, est menacée par la surpêche en Méditerranée, où une grande majorité de l’espèce migratrice se reproduit. Il n’en fallait pas plus pour que le Congrès, poussé par un lobby de la pêche très influent, se mêle de « Mare Nostrum ».

De possibles sanctions économiques

Aujourd’hui, les Etats-Unis menacent : les pays listés ont deux ans pour communiquer leurs données et exposer leur programme de lutte contre l’illégalité. En cas de progrès en la matière, ils pourront être retirés de la liste. Mais dans le cas contraire, des sanctions économiques pourraient être prises. Et le dossier est sérieusement suivi : La NOAA remettra un rapport d’étape dès janvier 2010.

Du côté des autorités françaises, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche assure pourtant que la surveillance a été améliorée. Toutefois, il avoue aussi manquer cruellement de moyens, et notamment de personnel, pour agir efficacement. En juin dernier, déjà, la Commission européenne avait décidé de prendre le cas français en mains en interdisant aux thoniers sétois (Hérault) de sortir du port huit jours avant la date officielle de fermeture de la pêche. Bruxelles avait estimé alors que les quotas étaient atteints.

Et le 23 mars, une enquête, sollicitée par la nouvelle Agence européenne de contrôle des pêches, est ouverte à Montpellier : des pêcheurs français sont accusés de fausses déclarations et d’utilisation d’avion pour repérer les bancs de poissons. Une pratique évidemment interdite par l’Union européenne.


La surpêche du thon rouge :

Caractérisé par la couleur de sa chair, le thon rouge est la plus grosse espèce de thon. Et comme les autres, il subit la surpêche (utilisé avant tout pour la confection de sushi et sashimi. Environ 90 % de la production est destinée au marché japonais). Notamment en période de reproduction, ce qui implique une menace d’extinction pour le poisson.

Les stocks de thon rouge du Sud, surexploités par le Japon, se sont effondrés à la fin des années 1980. L’activité s’est donc réorientée vers le thon de l’Atlantique qui se reproduit en Méditerranée. Des quotas, résultant de négociations entre les Etats et les ONG, existent bien. Mais ils sont loin de pouvoir juguler le péril : pour l’année 2009, la capture de 22 000 tonnes est autorisée, or l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique) préconise une limitation à 15 000 tonnes et évalue la quantité réellement prélevée à plus de 60 000 tonnes.

La pêche non déclarée et non réglementée est par ailleurs estimée à plus de 30 % des prises dans le monde.


Pour en savoir plus : un rapport de l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER) sur la question


Lire aussi :
- Les pêches mondiales doivent anticiper les impacts du changement climatique
- "Grenelle de la mer": la mer aussi a droit à son grenelle
- Affrontement en pleine mer : quand des baleiniers nippons foncent sur un bateau d’écologistes
- Fin des affrontements entre écologistes et baleiniers pour 2009
- Environnement : des entreprises au secours des espèces menacées
- Environnement : l’inquiétante extinction des espèces

 

Yann Cohignac

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