Environnement

Publié le :
21/01/2009
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Où en sont les Français avec le développement durable ?

Où en sont les Français avec le développement durable ?
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« Il y a eu une certaine saturation de la communication sur l’environnement dans un contexte de crise économique et d’augmentation du prix de l’essence jusqu’à l’été »

En ce début d’année 2009, deux enquêtes d’opinion nous renseignent sur les préoccupations des Français en matière de développement durable. La première, signée Ipsos, traduit des attentes plus poussées dans le domaine social. La seconde, effectuée par l’Ademe, révèle une certaine méfiance de la pensée unique vis-à-vis de l’écologie.

97 % des Français connaissent désormais le terme de développement durable. C’est ce qu’indique le sondage Ipsos commandé par la région Rhône-Alpes dans le cadre des 5èmes assises nationales du développement durable (Lyon, du 19 au 21 janvier. Lire notre article : 5èmes assises nationales à Lyon : le développement durable au cœur des régions). Signifie-t-il pour autant la même chose pour tout le monde ?

Pas vraiment : pour 87 % des sondés, il évoque avant tout l’environnement. Pour 56 %, il s’agit plutôt d’activité économique et financière. Suivent les concepts de solidarité sociale (50 %), de gouvernance (45 %), de santé (40 %), et d’éducation (22 %). En revanche, ils sont quasiment tous d’accord sur les principaux problèmes planétaires : plus de 90 % se disent inquiets à cause du réchauffement climatique, de la raréfaction des ressources naturelles, des inégalités sociales et de la question du logement.

Cela dit, signe que la crise financière est passée par là, si les Français sont 80 % à vouloir être sensibilisé sur la protection de l’environnement, 42 % estiment que s’occuper de l’emploi est aujourd’hui plus important. A ce propos, ils plaident en grande majorité pour des politiques durables de la part des pouvoirs publics (pour l’écologie, mais aussi le développement économique, la gestion des déchets et de l’énergie, l’aménagement du territoire et l’action social).

Repenser les modèles économiques

Autre preuve que le risque de récession actuel est un facteur anxiogène : les résultats sur les indicateurs. 57 % des personnes interrogées considèrent que « la qualité de vie en général » est le meilleur moyen de renseigner sur la richesse d’un pays. 41 % pensent plutôt que c’est le salaire moyen. Pour 31 %, c’est le taux de chômage, pour 40 %, c’est le nombre d’habitants en dessous du seuil de pauvreté, et pour 36 %, c’est l’état de santé général de la population.

Phénomène intéressant : le produit intérieur brut (PIB), qui est pourtant l’indicateur économique le plus répandu (mesure du niveau de production d'un pays), n’est cité que par 27 % des Français. De la même manière, 90 % jugent qu’il faut repenser le système économique. Pour 59 %, cela passe par l’établissement de nouvelles règles (89 % souhaitent y intégrer l’éthique). Et pour 31 %, il est même question d’une totale remise à plat.

Dernier point de cette enquête : bien qu’ils soient seulement 37 % à se dire prêts à s’engager au service de la société (et 46 % à accepter que le principe du pollueur-payeur soit appliqué au citoyen), 89 % affirment être impliqués dans le développement durable (achat de produits éco-responsables, éco-gestes, économies divers).

« Une certaine saturation de la communication sur l’environnement »

De son côté, l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a publié son enquête annuelle sur les pratiques et l’opinion des Français vis-à-vis des questions environnementales. Elle déclare : « Les résultats 2008 offrent un panorama contrasté mais néanmoins très encourageant car si la préoccupation en général des Français sur l’environnement est en retrait, les pratiques et les savoirs des ménages sur les questions énergétiques à la maison se renforcent ». Un constat qui rejoint celui d’Ipsos.

Pour ce qui est de la prudence relative aux discours écologiques, l’Ademe a une explication : « Il y a eu une certaine saturation de la communication sur l’environnement dans un contexte de crise économique et d’augmentation du prix de l’essence jusqu’à l’été. Un thème de plus en plus préempté par les médias et les entreprises privées » qui aurait fini par lasser les Français. La preuve : en 2007, le réchauffement climatique était considéré comme un phénomène certain pour 72 % des sondés. En 2008, ils ne sont plus que 65 %.


Comment marche l’observatoire annuel de l’Ademe ?

« Stratégie & études » permet d’observer les tendances et les évolutions des comportements des ménages en matière d’environnement. Pour cela, quatre enquêtes sont effectuées : le premier sondage concerne 1000 personnes interrogées par téléphone sur l’effet de serre (depuis 2000). Le second se penche sur la maîtrise de l’énergie : 10 000 personnes interrogées par questionnaires papier (depuis les années 80). La troisième enquête englobe trois thèmes (pollution atmosphérique, consommation de produits respectueux de l’environnement, gestion des déchets ménagers) pour lesquels 2000 individus sont consultées en face à face (depuis les années 90). Enfin, un dernier sondage questionne 1000 personnes par téléphone sur les énergies renouvelables (depuis 2004).


Site de l’Ademe

Site d’Ipsos

Lire aussi :
- Europe : l’environnement est-il vraiment une priorité ?
- Les Franciliens inquiets pour leur santé
- Le durable prend plus de place dans le caddie des Français
- L’écologie, c’est bien, le pouvoir d’achat, c’est mieux
- Crise financière et changement climatique inquiètent autant

Yann Cohignac

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Lutin, 22 / 06 / 2009 - 10:11
“Je veux bien que, dans un contexte de crise, l'opinion publique soit réticente à l'idée du développent durable, parce qu'il incarne parfois l'idée d'un changement qui exige beaucoup de sacrifices et des changements, parfois, radicaux des habitudes de chacun d'entre nous.
Cependant, il faut peut-être essayer de comprendre quelle est l'origine de la crise et de l'environnement morose que nous subissons aujourd'hui.
Eh bien, effectivement je suis d'accord que l'emploi doit être une priorité. Vous connaissez Michelin? L'entreprise licencie en France pour mieux s'implanter en Inde. Mais n'a-t-on pas compris que le développement durable c'est justement le retour vers l'emploi grâce à la mise à mort de la folie des grandeur qui bat son plein depuis belle lurette? Je ne jette pas la pierre à Michelin, il faut cette mesure pour garder le pas avec la concurrence, etc., etc.
En réalité, personne n'est prêt à renoncer à son petit confort pour le bien de tous. C'est là le grand problème.”

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