Économie

Publié le :
16/01/2009
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Crise financière: quel avenir pour le développement durable?

Pire que la crise financière : le krach écologique

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Crise financière: quel avenir pour le développement durable?
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Aujourd’hui, le monde est inquiet pour son économie, et craint une récession. Mais il y a pour l’humanité encore plus grave que la crise financière. La surexploitation des ressources naturelles de la planète, la destruction de la biodiversité et des écosystèmes, le réchauffement climatique… nous mène droit vers une crise écologique majeure et sans retour, aux conséquences bien plus lourdes.

« 2030 : le krach écologique ». Cette phrase alarmante est le titre du livre de Geneviève Ferone, directrice du développement durable du groupe Veolia Environnement. Elle y fait un constat angoissant : à cette date, les fronts climatique, énergétique, économique et démographique vont se télescoper. Si les choses ne changent pas, un rapport du WWF intitulé « Living planet » (planète vivante) affirme ainsi qu’il faudra à l’humanité deux planètes comme la notre d’ici 2030 pour subvenir aux besoins liés à nos modes de vie. Effrayant ! Les précédents travaux (le Fonds Mondial pour la Nature établie un rapport de l’empreinte écologique de l’homme sur Terre tous les deux ans) estimaient l’échéance à 2050.

C’est clair, l’homme gaspille, pollue, vit à crédit et dépassent la capacité des milieux naturels à se renouveler. Résultat : il marche, quasiment inconscient, vers la crise écologique. Une crise aux effets ravageurs, bien plus graves que les difficultés financières actuelles : selon l’étude de WWF publiée en octobre 2008 (et basée sur un dossier d’experts de l’ONU sur les conséquences économiques des catastrophes écologiques), ce krach pourrait générer une « dette écologique » de 4000 milliards de dollars, soit le double de la crise économique mondiale. L’humanité utilise 30 % de richesses de plus que ce que la Terre peut produire chaque année. Ce qui entraîne déforestation, pollution des sols et des océans, extinction d’espèces animales…

« Si tout le monde vivait comme un Américain, il faudrait cinq planètes »

Et « si tout le monde vivait comme un Français, il faudrait deux planètes et demi », lançait Bernard Cressen, directeur scientifique du WWF France, en novembre 2008 sur France Info. « On produit en protéines végétales et animales de quoi nourrir 12 à 13 milliards d’individus. Or nous ne sommes que 6 milliards et demi et 920 millions de personnes ont faim ! Il faut savoir aussi qu’aux Etats-Unis, on jette 50 % de la nourriture et 26 % en Europe. Donc nous sommes bien en face de sociétés de gaspillage d’un côté, et de sociétés qui n’ont plus accès au minimum vital de l’autre ».

La biodiversité, elle, a baissé d’un tiers depuis 1970. La disparition des espèces est 100 à 1000 fois plus élevée que le rythme naturel. Certains scientifiques parlent d’une véritable « crise biologique » causée par l’activité humaine. Les espèces tropicales ont diminué de moitié, un oiseau sur huit est menacé d’extinction, ainsi qu’un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois, trois insectes sur quatre et huit crustacés sur dix.

Que faire ?

En fait, nous vivons déjà une crise écologique. En 50 ans, la pression de l’humanité sur la planète a plus que doublé. Et l’ONU estime le nombre de réfugiés climatiques à près de 50 millions. Il faut agir vite : « Si on ne prends pas des mesures à la hauteur des enjeux, nous irons vers un changement climatique de plus de trois degrés et vers des crises alimentaires et des crises d’accès à l’eau. Ce n’est pas durable, il faut changer nos modes de production, de consommation, et de distribution ». Il en va de notre survie.

Le développement durable peut être une réponse : en prônant la prise en compte des besoins des générations futurs dans nos activités, le concept imprègne le monde depuis presque vingt ans. Le Grenelle de l’environnement français, le Paquet climat-énergie européen, le protocole de Kyoto en sont des illustrations concrètes, même si beaucoup les jugent frileuses. Il faudra également convaincre l’Amérique d’Obama, ainsi que la Chine (et l’Inde), qui concentrent à eux seuls les deux cinquièmes des conséquences humaines sur la planète, de choisir une gouvernance plus responsable vis-à-vis de l’environnement.

Plus concrètement, le monde entier doit se tourner vers une utilisation massive des énergies renouvelables, au détriment des énergies fossiles, réduire les consommations et améliorer l’efficacité énergétique, développer les transports non polluants, réorganiser l’agriculture et généraliser la taxe carbone. Bien sûr, les Etats riches doivent accompagner les pays en voie de développement dans cette transition écologique. Et ne pas tout miser sur la technologie qui est de plus en plus dépassée par les consommations des populations.

Enfin, comme le soutient José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, « la crise financière n’est pas une raison et ne devrait pas être un prétexte pour repousser nos engagements en matière de lutte contre le changement climatique ». Au contraire, il serait peut-être temps de penser à arrêter de générer des profits à court terme. Et ce qui a été déployé pour le plan de sauvegarde des banques doit l’être également pour l’environnement.


Lire aussi :

- Plan de relance de l’économie : les écologistes s’inquiètent
- DOSSIER : banques, les investissements éthiques à l'heure de la crise
- Crise financière et changement climatique inquiètent autant
- Controverse sur une crise écologique de la préhistoire
- Crise écologique sur les plages d’Israël
 

la redaction

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Lutin, 30 / 06 / 2009 - 16:44
“Je ne comprends pas pourquoi des informations aussi fondamentales que celles-ci ne jouissent pas d'une plus grande publicité. Certes, ce n'est pas la même chose qu'annoncer que l'équipe nationale a gagné deux à zéro contre ....Y, mais c'est en tout cas beaucoup plus important pour notre avenir et celui des plus jeunes. Les rapports que font toutes ces organisations salutaires ne sont accessibles qu'à une minorité avertie. Le grand public les ignore tout simplement parce qu'ils lui ne sont pas présentés. Au lieu de mettre des pubs pour des gâteaux plein de cholestérol, il vaut mieux afficher des résultats de ce genre d'enquête.”
Lutin, 30 / 06 / 2009 - 16:23
“Je ne comprends pas pourquoi des informations aussi fondamentales que celles-ci ne jouissent pas d'une plus grande publicité. Certes, ce n'est pas la même chose qu'annoncer que l'équipe nationale a gagné deux à zéro contre ....Y, mais c'est en tout cas beaucoup plus important pour notre avenir et celui des plus jeunes. Les rapports que font toutes ces organisations salutaires ne sont accessibles qu'à une minorité avertie. Le grand public les ignore tout simplement parce qu'ils lui ne sont pas présentés. Au lieu de mettre des pubs pour des gâteaux plein de cholestérol, il vaut mieux afficher des résultats de ce genre d'enquête.”

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