Économie

Publié le :
02/04/2009
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Banque durable : Triodos résiste mieux à la crise que la concurrence

Banque durable : Triodos résiste mieux à la crise que la concurrence
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© Wojciech Gajda - Fotolia.com
« En octobre et novembre, au plus fort de la crise, on a eu une hausse du nombre de clients jamais vue avant »

Ce n’est pas un scoop : c’est la crise et les banques vont mal. Mais un établissement semble tirer son épingle du jeu : le néerlandais Triodos. Sa particularité : l’investissement dans les énergies renouvelables et le micro-crédit. Il affiche avec insolence des bénéfices pour l’année 2008 et même 25 % de clients supplémentaires.

La banque durable Triodos est-elle la preuve vivante que la croissance verte est la solution à la crise ? Possible : l’année dernière, elle a réalisé un bénéfice net en hausse de 13 % à 10,1 millions d’euros. Et par rapport à 2007, elle compte 25 % de clients en plus. « En octobre et novembre, au plus fort de la crise, on a eu une hausse du nombre de clients jamais vue avant », se réjouit Pierre Aeby, directeur financier de la caisse de crédits.

« Il y a toujours un pas à franchir quand on change de banque car en général, on n’aime pas sa banque mais on lui est fidèle. La crise a été le catalyseur », explique-t-il. Triodos finance 9300 projets associatifs, solidaires, et écologiques dans le monde auprès de petites et moyennes entreprises et de coopératives. Basée à Zeist (centre des Pays-Bas) et fondée en 1980, elle compte aujourd’hui 200 000 clients, 480 employés, et un capital émis de 200 millions d’euros.

Une offre alternative attirante

Egalement présente en Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne et Espagne, la banque durable propose, uniquement sur Internet, des comptes courants, d’épargne, et des investissements dans des fonds verts, culturels ou de micro-crédit (notamment à destination des pays en développement). Un choix qui fait la différence avec la concurrence, en difficulté. « Elle veut mettre l’argent au service de la société, maximaliser les profits sans regarder l’utilité sociale de son activité. L’usage de l’argent s’est détaché de son objet », dénonce Pierre Aeby.

Pour lui, c’est ce « grand casino », qui a mené la finance mondial à la crise. Et notamment « les produits financiers complexes sur lesquels on a perdu le contrôle », ou les investissements opaques dans « des fonds de fonds ». Triodos, elle, a opté pour des investissements moins rentables (en moyenne 1 % inférieurs aux banques classiques) mais aussi plus sûrs. « L’économie réelle », selon M. Aeby. Ce qui semble attirer les clients. Ainsi que la transparence des placements.

Un exemple de financement réussi

La Banque a co-financé la construction d’un parc d’éoliennes sur le grand barrage anti-tempêtes des Pays-Bas : la Oosterscheldekering. « Il était difficile de trouver des gens pour investir dans les énergies renouvelables mais Triodos a accepté de partager les risques », raconte Karel de Dreu, gestionnaire de l’installation. Un projet osé en 1989.

Et l’établissement bancaire n’a pas hésité à réinvestir 25 millions d’euros en 2006 pour remplacer les huit éoliennes par des modèles plus performants. « Tout comme nous, Triodos montre que le développement durable est possible », jubile M. de Dreu. Le parc alimente 24 000 foyers en électricité.


Pour en savoir plus : inaise.org

Site de Triodos


Lire aussi :
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Yann Cohignac

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georgea, 03 / 04 / 2009 - 15:35
“@ Fleur
Je suis d'accord. Cette banque est un vrai exemple de comment l'investissement écolo permet de gagner de l'argent, et est avant tout stable.”
Fleur, 02 / 04 / 2009 - 17:24
“Quel bel exemple! Ça me motive pour ouvrir un compte dans une banque comme celle-ci. Pas vous?”

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