Économie
Rapport du PNUE sur les ressources naturelles : faire plus avec moins
Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) a fait part des différents scénarios qui s’offrent à nos sociétés pour l’avenir sur la question des ressources naturelles. Alors que la pression sur les matières premières s’accroit de jour en jour, l’orientation vers un nouveau modèle de développement économique s’impose. Loin des scénarios décroissants particulièrement répandus dans les années 70, le PNUE préconise de « faire plus avec moins ».
| « Les gens croient que les nuisances écologiques sont le prix à payer pour les bienfaits économiques. Nous ne pouvons pas et n'avons pas à continuer à nous comporter comme si ce compromis était inévitable » (Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE) | Crédit photo : © cegli - Fotolia.com |
« L’humanité peut et doit faire plus avec moins », souligne le PNUE dans son dernier rapport. L’organisme des Nations Unies a établi les nouvelles politiques environnementales que les pays se devront de suivre à l’avenir pour poursuivre leur développement. Afin d’y parvenir, le « découplage » des taux de croissance économique de ceux de consommation des ressources naturelles est nécessaire. Si l’on continue au rythme actuel, ce sont en effet 140 milliards de tonnes de ressources naturelles qui partiront chaque année dans le gouffre de la consommation d’ici 2050. Soit trois fois plus que les niveaux actuels.
16 tonnes de ressources absorbées par habitant et par an
Dans les pays développés, la consommation annuelle de minéraux, minerais, combustibles fossiles et biomasse s’élève à 16 tonnes par tête. A l’échelle mondiale, elle était de 8 à 10 tonnes par habitant en 2000. Des niveaux non supportables, alors que les gisements de certaines ressources s’épuisent déjà : pétrole, or, cuivre… Et la situation s’envenime puisque l’extraction de ressources de plus en plus inaccessibles requière toujours davantage de moyens : eau, combustibles, etc. D’où le nécessaire « découplage » de notre croissance effrénée du volume de ressources naturelles prélevées. « Les gens croient que les nuisances écologiques sont le prix à payer pour les bienfaits économiques. Nous ne pouvons pas et n'avons pas à continuer à nous comporter comme si ce compromis était inévitable », estime Achim Steiner, sous-secrétaire général des Nations Unies et directeur exécutif du PNUE. Investissements massifs et innovations dans tous les domaines sont préconisés afin de geler la consommation des pays riches et permettre aux pays en développement d’adopter des rythmes de croissance durable. Selon les auteurs du rapport, la Chine constitue un test de référence à l'échelle mondiale, « parce qu'elle souhaite poursuivre sa croissance économique rapide tout en faisant un usage plus rationnel des ressources ».
Trois scénarios possibles
Les auteurs du rapport tablent sur trois scénarios qui se dessinent pour l’avenir. Le premier consiste en un maintien du statu quo dans les pays développés avec convergence des autres pays. Ce schéma conduirait à la consommation des 140 milliards de tonnes annuelles de ressources naturelles, soit 16 tonnes par habitant en comptant 9 milliards d’individus en 2050. Un scénario insoutenable…
Une autre option envisagée est la diminution de moitié de la consommation des pays développés avec convergence des autres pays. Ce qui aboutit à 70 milliards de ressources utilisées en 2050, soit toujours 40 % de plus que leur volume extrait en 2000 !
Le dernier scénario est une baisse drastique de la consommation des pays industrialisés de deux-tiers et un statu quo des pays en développement à leur niveau actuel. On arriverait alors à une consommation mondiale de 50 milliards de tonnes, comme en 2000. Mais cette dernière hypothèse comporterait tant de restrictions qu’elle serait inévitablement récriée par tous les hommes politiques. Et pourtant, cette solution nous maintiendrait dans un rythme d’exploitation de la Terre que les scientifiques jugent encore insoutenable…
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- Manso, 19 / 05 / 2011 - 8:18
- “Et le 4ème scénario ? Le plan D ? Pourquoi n'est-il pas pris en compte ? Ce scénario est pourtant le plus à même de réussir. En effet, il cumule le 3ème scénario et la stabilisation de la population dès 2050 aux alentours de 8 milliards d'habitants (au lieu des 9 prévus) puis une lente décroissance sur un siècle pour atteindre les 4 à 5 milliards que la Terre peut accueillir de façon pérenne. Ce scénario est d'ailleurs celui retenu par l'association Démographie Responsable. http://www.demographie-responsable.org/”
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