Économie
Un nouveau label « Made in France » est né
Ce jeudi 19 mai, le député Radical Yves Jégo a présenté la nouvelle marque France lors d’une conférence à l’Assemblée nationale, un an après la remise de son rapport au président de la République sur le « Made in France ». L’objectif est clair : valoriser les produits fabriqués en France, noyés dans la vague d’une mondialisation galopante. Pour cela, un label a été mis en place sur la base du volontariat. Et c’est devant une large assemblée d’acteurs publics et privés que le logo « Origine France garantie » a été dévoilé.
?>| Logo du nouveau label « Made in France » | Crédit photo : © Pauline Meyniel |
La naissance de la nouvelle marque France découle de la problématique suivante : l’Union Européenne n’impose aucun marquage sur l’origine des produits, contrairement aux Etats-Unis, par exemple. De fait, les produits français, à forte valeur ajoutée, se retrouvent au même niveau que d’autres, soumis à des règles environnementale, sociale ou de qualité floues. Le label « Origine France garantie » a donc vocation à mettre en avant les produits nationaux et à protéger les entreprises qui restent sur le territoire. Pour obtenir le label, 50 % a minima de la valeur ajoutée doit être française et le produit doit être intégralement conçu en France. On comprend ici que la moitié des composants, au maximum, peut donc venir de l’étranger. « Ce n’est pas du protectionnisme », assène Yves Jégo en préambule, mais « la standardisation et l’anonymat des produits sont contraires à la recherche de traçabilité, de transparence et de proximité dans un contexte de mondialisation galopante. »
Un gage de transparence réclamé par les consommateurs
Un sondage TNS Sofres de 2010 révèle que 95 % des Français estiment important que les entreprises indiquent si leurs produits ont été fabriqués ou non en France. Il s’agissait donc de répondre à un besoin croissant de clarté réclamée par les consommateurs. Yves Jégo, chargé de cette mission par le président de la République, a créé, dans ce sens, Pro France, avec Antoine Veil, en juin 2010. Association d’entreprises et d’organisations professionnelles, elle a pour objectif de fédérer un maximum d’acteurs autour d’une labellisation certifiée « Made in France ». Elle a été mise en place depuis janvier 2010 avec l’appui technique de Bureau Veritas Certification. « Le label existe maintenant, reste à ce que les entreprises l’adoptent et à ce que les utilisateurs le reconnaissent ». Le consommateur aura désormais toutes les informations pour faire des actes d’achat responsables. « Nos emplettes sont nos emplois », conclut Yves Jégo, rappelant ici le slogan d’une campagne de communication des Chambres de Commerce et d’Industrie en pleine crise en 1993.
La question du prix des produits français
Légère ombre au tableau : les produits français ne sont pas toujours les moins chers… Et le coût reste la priorité n°1 des consommateurs lors de l’acte d’achat, a rappelé Guénaëlle Gault, directrice du département stratégies d’opinion chez TNS Sofres. Ce à quoi Thierry Moysset, gérant de la Forge de Laguiole, a répondu : « Ce n’est pas un problème de prix, mais d’éducation et de mode de consommation. Je suis scandalisé quand quelqu’un qui dit ne pas avoir les moyens d’acheter ses légumes chez un maraîcher possède en revanche un Iphone ». Et d’ajouter : « Derrière ce made in France, il n’y a pas que du marketing, il y a surtout une recristallisation des gens sur le territoire et une transmission du savoir-faire ». Les représentants d’industries françaises conviés ce matin autour d’Yves Jégo ont tous fait part de leur optimisme et de leur engouement pour ce nouveau label. Atol Les Opticiens, le Petit Olivier, les brasseries Kronenbourg, ou encore la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Loire-Atlantique ont tous témoigné de leur volonté de s’investir dans ce nouveau label, si ce n’est pas déjà fait. Gage de qualité, promotion des circuits courts, bénéfices écologiques, maintien des emplois en France, valorisation du savoir-faire français sur le territoire comme à l’export… chacun voit de multiples avantages à la mise en place de cette nouvelle marque. Jean-Louis Borloo a clôturé le débat en rappelant que « l’étiquetage environnemental est prochainement prévu sur tous les produits par le Grenelle de l’environnement. Les consommateurs pourront désormais faire le croisement entre émissions de CO2 et densité d’emplois en France ».
![]() | Laisser un commentaire |
|
|
- odim, 27 / 05 / 2011 - 8:06
- “Nous avons mille et une raisons de boycotter le "Made in China". Une Nation qui aurait du depuis longtemps être mis au ban des sociétés pour être devenue la première pollueuse de la planète. Lui faire des ronds de jambe pour qu'elle s'implante sur notre territoire, c'est comme faire entrer un loup dans la bergerie.”
- odim, 27 / 05 / 2011 - 7:53
- “Il était temps !...
La qualité "Made in France", je veux bien y mettre le prix pour qu'on ne m'impose plus de choisir entre le "Made in China", et le "Made in China" !...”
focus | Vidéos![]() |
Rechercher un éco-acteur
Interviews
Xavier Auriolle
Si cette démarche a sa place chez nous, c’est bien parce qu’elle correspond à notre ADN, qu’elle apporte une vision nouvelle et efficace de l’entreprise à nos actionnaires, et qu’elle devient enfin une attente sérieuse chez nos clients professionnel comme particulier. ...
Claire Martin
La RSE est dans les gènes de Renault. Avec la création de la Direction de la RSE en 2009, nous avons franchi une étape supplémentaire en structurant une politique groupe déployée partout dans le monde, et en élargissant le périmètre de notre champ d’action à des aspects sociétaux. ...
Stéphane Vromman et Alexandre Laing
L’économie solidaire et la proximité sont des tendances très fortes de la société. Ce sont à la fois des réponses à la crise qui s’est installée depuis quelques années et des tendances de fond qui nous pousse à privilégier l’entraide et l’humain ...
Géraldine Trapp
Il n’y a pas de solution unique idéale, je pense qu’il y aura une multiplicité de solutions adaptables au cas de chacun, pour des raisons géographiques, climatiques et de ressources naturelles. Je pense aussi que c’est à chaque individu et à chaque entreprise de se prendre en main afin de réfléchir ...















