Économie
Enquête : protéger la biodiversité peut rapporter gros !
Si l'Homme investit dans le développement de zones marines ou terrestres protégées, quel bénéfice en tirera-t-il au bout de quelques dizaines d'années ? Si par contre il laisse les océans ou les terres s'appauvrir, que lui coûtera cette évolution ? C'est à ce genre de questions que tente de répondre l'étude menée par l'économiste Pavan Sukhdev, dont le rapport a été remis le 13 novembre à la Commission européenne. Cette étude a en effet pour objectif d’évaluer le bénéfice économique global de la biodiversité, les coûts de sa perte, et compare les coûts de l’inaction avec les coûts d’une conservation efficace.
| Eau, air, nourriture, matériaux... Nous n'avons pas toujours conscience de la valeur des biens et services fournis par la nature. | Crédit photo : © António Duarte - Fotolia.com |
Conduite sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), l’étude Teeb a été lancée par l’Allemagne et la Commission européenne en 2007 pour évaluer les répercussions économiques du déclin de la biodiversité. Un premier rapport publié en mai 2008 avait permis de chiffrer le coût de l’inaction à 7 % du PIB mondial à l’horizon 2050. Le rapport destiné aux décideurs politiques et remis le 13 novembre pointe quant à lui quatre axes prioritaires d’action stratégique : la déforestation et la dégradation des forêts, la protection des récifs coralliens tropicaux, les politiques de pêche, et le lien entre la dégradation des écosystèmes et la pauvreté. Il recense aussi les outils qui permettront de répondre à ces défis. Par exemple la réforme des subventions préjudiciables à l’environnement, la sanctuarisation d’espaces protégés ou l’investissement dans des infrastructures écologiques.
Selon Pavan Sukhdev, investir 45 milliards de dollars par an dans le développement des zones protégées sur terre et en mer permettrait ainsi d'assurer des bénéfices de l'ordre de 4 à 5 000 milliards de dollars par an après quelques dizaines d'années. Comme il le remarque, « le processus alarmant de destruction des écosystèmes et de la biodiversité tient en grande partie à leur absence de visibilité économique, alors que, justement, leur valeur économique pour nos sociétés est inestimable. Les ressources naturelles dont nous disposons -notre capital naturel- sont tout aussi importantes que celles que nous créons -notre capital matériel-. La reconnaissance et la prise en compte de la valeur apportée à la société par ce capital naturel doivent devenir une priorité stratégique ».
Deux priorités à prendre en compte
Le rapport a le mérite de souligner deux priorités : l’obtention d’un accord à Copenhague sur la déforestation (via le mécanisme «Redd») et la mise en place de l’IPBES, une plate-forme d’expertise internationale sur la biodiversité et les services écosystémiques, qui fonctionnera sur le modèle du Giec et devrait être lancée en 2010. L'étude menée par Pavan Sukhdev sera achevée pour la dixième conférence des Parties de la Convention sur la Diversité biologique en 2010.
Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Écologie, se sont félicités de l’avancée des travaux de l’économiste Pavan Sukdhev, qui « constituent une contribution essentielle aux connaissances plus approfondies et à la meilleure compréhension dont nous avons besoin pour pouvoir prendre les bonnes décisions politiques en matière de conservation et d’utilisation de la biodiversité et des services des écosystèmes ».
![]() | Laisser un commentaire |
|
|
focus | Vidéos![]() |
Ils en parlent sur le forum !
Rechercher un éco-acteur
Interviews
Anny Poursinoff
Dans le monde entier, la biodiversité se meurt. 2010 : Année internationale pour la diversité biologique, doit permettre d’initier une prise de conscience collective pour qu’émergent de véritables plans d’action ambitieux. En Ile-de-France, le sort de la biodiversité, pourtant riche, est aussi ...
Anne Philip
Mondadori, empire de la presse magazine, s’associe à la cause féminine et lance le premier Prix des femmes pour le développement durable. Récompensant les femmes œuvrant pour le développement durable, au sein d’une entreprise ou d’une association, il sera clos le 31 août prochain. Evaluées ...
Arnaud Rolland
Coca-Cola, un emblème, un mythe ! Pour des millions d’assoiffés à travers le monde, Coca pourrait être un langage universel, un cri de ralliement. Pourtant, plus que toutes les autres firmes internationales, Coca se doit d’être exemplaire en matière environnementale. Si, en Inde et en Chine, la firme ...
Benoit Colinot
Ubifrance est l’agence française pour le développement international des entreprises (elle est placée sous la tutelle de la secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur). Son rôle : accompagner les exportateurs français, leur donner les clés pour comprendre les marchés ...
Les mots-clés de l'actu
sujets des internautes
VOLONTARIAT HUMANITAIRE EN AFRIQUE (TOGO) 2011
28 / 07 / 2010
Vous êtes étudiant(e)s et vous êtes à la recherche d’un stage d’étude dans un cadre ...
- Catégorie :
- Environnement
- Auteur :
- avmdtogo1
Pour ERDF, le photovoltaïque serait dangereux
21 / 07 / 2010
Cette semaine du début de l’été 2010 nous vaut une parfaite illustration du tropisme français ...
- Catégorie :
- Technologie
- Auteur :
- Héloïm Sinclair
Jigar Shah, une vision partagée pour l’industrie solaire mondiale
15 / 07 / 2010
Jigar Shah est un trentenaire solaire à « l'american successful story », qu’il faut suivre. Après ...
- Catégorie :
- Économie
- Auteur :
- Héloïm Sinclair

















