Économie

Publié le :
07/04/2009
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Développement durable : enjeu stratégique pour les entreprises

Développement durable : enjeu stratégique pour les entreprises
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« A grands renforts de publicité, les entreprises communiquent leur prise de conscience sociale, économique et environnementale »

Pour gagner des points dans le cœur du public comme des investisseurs, les sociétés du CAC 40 misent sur le développement durable. Deux mots qui renferment de vastes possibilités. Empreinte carbone, responsabilité sociale, participation des salariés, rémunération des dirigeants, lutte contre le changement climatique…autant de thèmes récemment devenus chers aux entreprises cotées pour redorer leur blason.

La crise financière a ébranlé la confiance de l’opinion publique. Méfiance envers les banques, envers les entreprises cotées synonymes d’importants profits et envers les dirigeants accusés de s’enrichir sur le dos des salariés. L’impact s’est immédiatement fait sentir : baisse du pouvoir d’achat, baisse de la consommation, retour à l’essentiel. Les valeurs écologiques et plus largement durables, ont le vent en poupe. Opportunisme pour certains, véritable rejet du superflu pour d’autres, les valeurs prônées par le concept de développement durable font mouche. Les entreprises du CAC 40 s’en emparent et le font savoir. A grands renforts de publicité, elles communiquent leur prise de conscience sociale, économique et environnementale. « La crise se caractérise par une crise de confiance, surtout envers les banques. Les enjeux de développement durable deviennent alors des enjeux stratégiques », explique Séverin Cabannes, directeur général délégué de la Société Générale.

La responsabilité sociale et environnementale de la Société Générale

Justement, en matière de développement durable, la Société Générale fait figure d’élève très sérieux. Recrutement dans les banlieues, politique de développement durable contre le changement climatique, programme « Grenn IT » visant à réduire les émissions de CO2 de son système informatique, amélioration de l’empreinte environnementale de ses activités. Et ce n’est pas tout. Le site dédié à la politique RSE (responsabilité sociale et environnementale) du groupe expose ses différents niveaux d’engagements : recrutement, politique environnementale, achats responsables, mécénat, responsabilité humaine. GDF Suez a crée un comité éthique au conseil d’administration, le Crédit Agricole a instauré un site de covoiturage en ligne pour ses salariés…

Le développement durable, vrai cheval de bataille des entreprises ?

Mais beaucoup d’entreprises font preuve d’opportunisme, usant et abusant de rhétorique sans passer véritablement à l’action. Une récente étude de Macif Gestion s’est employée à passer à la loupe la responsabilité sociale des entreprises du CAC 40. Les résultats sont édifiants et relativisent leur prétendu engagement sans bornes pour le développement durable. S’il est considéré comme un levier stratégique par l’ensemble des acteurs, seules 32 % des entreprises y consacrent un budget spécifique. Alors que l’article 116 de la loi du 15 mai 2001 sur les nouvelles régulations économiques (NRE) impose d’améliorer l’information non financière des entreprises en précisant, dans leur rapport annuel, la manière dont elles prennent en compte les conséquences sociales et environnementales de leurs activités, un vide juridique subsiste quant au périmètre d’action. « Il y a une distance entre les discours et les pratiques », déplore Lisa Tassi, membre de la commission entreprise d’Amnesty France.

Des mesures insuffisantes

Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts et centre de recherche sur le développement durable confirme cette nuance et constate que d’une année sur l’autre, les promesses et les objectifs fluctuent, sans cohérence. De plus, la place prise par les éco-gestes n’est pas adaptée à l’importance de l’enjeu. Selon elle, mieux vaudrait intégrer des critères environnementaux ou sociaux pour des prêts ou encore veiller à la consommation d’énergie des systèmes informatiques…dans le secteur technologique.

Le développement durable est un vaste sujet. Très concernant, il mobilise de plus en plus les jeunes générations. Soucieux de donner du sens au travail, ils peuvent modifier la donne. « Aujourd’hui, la valeur morale conditionne le fait que les jeunes rentrent dans l’entreprise ou pas », confirme Clara Gaymard, présidente de General Electric en Europe du Nord-Ouest. Reste à connaître les prochains sondages pour savoir si la crise aura été bénéfique au développement durable, en somme si elle aura servi aux entreprises cotées à repenser leur modèle…

Pour connaître la politique de développement durable de la Société Générale, consultez leur site dédié

A ne pas rater :
- La première tour HQE de France récompensée
- Produrable 2009 : développement durable et RSE
- Stratégies de développement durable: Les sociétés du CAC 40 n’impliquent pas assez leurs salariés !
- RSE : manque de rigueur des grandes sociétés mondiales



 

Albane Wurtz

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shinden, 14 / 04 / 2009 - 18:52
“"seules 32 % des entreprises y consacrent un budget spécifique"... Reste à savoir la part du budget ! Et c'est là tout l'enjeu. Car tant que l'impulsion ne vient pas de la volonté des dirigeants, le développement durable reste et restera une "annexe" aux activités de l'entreprise. Et ce n'est pas en le satellisant ainsi qu'il faut espérer faire des miracles.

Afin d'être efficace et avoir de véritables retombés sur les plans économiques, environnementaux et sociaux, le développement durable doit être intégré au cœur du management et de la stratégie d'entreprise : il s'agirait tout au plus de prendre en compte le DD dans le schéma directeur de l'entreprise. Car c'est parce qu'elle est mise en place en amont qu'une stratégie DD est véritablement effective. Or, dans les grandes entreprises disposant d'un département DD, ce dernier est bien souvent relégué au statut de châpeau magique vert (et dans la plupart des cas à celui de simple vitrine). Pourtant, cela n'engagerai pas nécessairement un surcoût pour l'entreprise que d'interroger ce dernier en amont ! Car en matière de RSE, il est certain que le dicton "mieux vaut prévenir que guérir" est applicable.”

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