Économie

Publié le :
05/12/2008
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DOSSIER : banques, les investissements éthiques à l'heure de la crise

Banque : où placent-elles votre argent ?

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DOSSIER : banques, les investissements éthiques à l'heure de la crise
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« Les épargnants doivent savoir ce qui se passe avec leur argent, nous ne pouvons ignorer aujourd'hui comment est utilisée notre épargne »

L’association les Amis de la Terre a analysé (en collaboration avec l’association CLCV), les impacts environnementaux et sociaux des différentes activités des grandes banques françaises. Elle a publié un guide : ‘Environnement : comment choisir ma banque’ afin d’informer les citoyens de l’utilisation qui est faite de l’argent, et encourager les banques à modifier leurs pratiques. Ceci sera t'il persuasif dans un monde où la crise financière mine les places de marché et inquiète les consommateurs ?

Jusqu’alors, lorsqu’une personne allait ouvrir un compte en banque, elle comptait plus souvent sur les taux de rémunération, la sympathie du banquier ou encore l’emplacement géographique de la banque pour faire son choix sans réellement se soucier des placements effectués avec l’argent déposé. Et pourtant, 90% de l’argent placé en banque va être investit dans le circuit économique. Mais pour financer quoi ? La production de bombes à sous-munitions ? Des armes à l’uranium ? Le projet pétrolier de ‘Kashagan’ au Kazakhstan ? De plus en plus, les Français s’interrogent et se préoccupent de ce que leurs banques font de leur argent. L’association Les amis de la Terre ont publié pour la première fois en France, un guide sur l’engagement des banques françaises pour inciter les éco-citoyens à choisir une banque plus écologique ou faire pression sur leurs banques.

Les banques classées en fonction de leurs impacts

La publication du guide ‘Environnement : comment choisir ma banque ? 2008/2009’ intervient un an et demi après la première version. Basé entre autres sur l’expertise de ‘BankTrack’, le réseau international d’ONG travaillant sur la finance dont les Amis de la Terre sont membres, le guide 2008-2009 confirme ce que son prédécesseur révélait déjà : de trop nombreuses banques françaises sont impliquées dans des projets controversés aux impacts sociaux et environnementaux lourds. Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, résume les résultats obtenus : « Les grandes banques de réseau françaises ont des activités et des métiers extrêmement diversifiés, aux impacts aussi disparates. Les analyses que nous avons menées ont permis de distinguer trois groupes de banques bien différents en fonction des impacts induits par leurs activités ».

Le guide explique le fonctionnement des banques, leurs rôles et leurs impacts environnementaux et sociaux en France et dans le Monde. Il a classé les banques en fonction de leur empreinte sur la planète à l’aide de 5 enjeux clés : politique globale de protection de l’environnement, réduction des impacts indirects (dans le financement de secteurs risqués comme les énergies fossiles, la chimie, etc), produits attractifs pour les entreprises et collectivités, produits attractifs pour les particuliers ; impacts environnementaux directs de la banque.
La Nef (institution de finance solidaire) est la banque la plus écologique, suivie du Crédit Coopératif (banque au positionnement social). Yann Louvel déclare : « La Nef est la seule institution financière à avoir pour mission de ne financer que des projets dans les domaines environnemental, social et culturel. De plus, elle est également la seule à publier chaque année la liste des projets qu’elle finance, avec le montant du prêt octroyé et une description des activités financées ». Pour toutes ces raisons, les Amis de la Terre sont partenaires de la Nef depuis 2008, pour promouvoir cette alternative unique dans le milieu financier. Ce sont les deux seules banques à avoir la moyenne.
Suit le groupe Banque Populaire, au résultat acceptable (4,1/10). L’impact des activités est faible à modéré. Certaines caisses régionales des établissements mutualistes, ou certaines de leurs filiales (Natixis surtout) sont en effet impliquées dans quelques projets controversés, mais leurs activités restent principalement limitées à la banque de détail et au territoire français.

Toutes les autres banques ont des résultats extrêmement insuffisants (inférieurs à 2,4/10) : Caisses d’Epargne, Crédit Agricole-LCL, HSBC, BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel-CIC. Elles sont classées en « risques maximum ». Elles font en effet partie des plus grandes banques internationales de par leur activité de banque de financement et d’investissement, et sont chacune impliquées dans plus d’une dizaine de projets controversés à travers le monde.

Les mauvais élèves en ligne de mire

La Société Générale a d’ailleurs suscité l’intervention des Amis de la Terre qui ont manifesté leurs mécontentements devant le siège de la banque à la Défense le mois dernier au sujet du barrage d’IIisu en Turquie. Financé en grande partie par la Société Générale, le barrage va déplacer de force jusqu’à 78 000 kurdes et engloutir à jamais un patrimoine historique inestimable de la Mésopotamie. Réagissant à cette situation, l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse viennent d’activer le processus de retrait de leurs garanties. L’association les Amis de la Terre a exigé que la Société Générale en fasse de même.

Maintenant avertis, c’est aux citoyens de décider du placement de leurs épargnes, entre la sécurité que peut sembler offrir une grande banque, la proximité grâce à un réseau d’agences, et l’indispensable prise en compte du développement durable.
La conjoncture actuelle est elle favorable à ce genre d’initiative ? La « baisse du pouvoir d’achat » dont nous parlent constamment les médias, nous persuade (bien que la réalité soit souvent plus nuancée) que les consommateurs sont en danger. Cette « crise » gagne les esprits, même des plus nantis. Les investissements environnementaux sont souvent perçus à court terme comme coûteux .Seront-ils privilégiés par l’état de crise ou totalement rayés du tableau pour privilégier des bénéfices à court terme ?

A consulter : le guide « Environnement : comment choisir ma banque »: http://www.amisdelaterre.org/L-environnement-un-critere-de.html
 

Pashû Dewailly

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