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Publié le :
19/03/2009
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Traçabilité des produits : l’Europe refuse le systématisme

Traçabilité des produits : l’Europe refuse le systématisme
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© Cmon - Fotolia.com
« Si un producteur souhaite mentionner l’origine d’un produit composé, il devra alors révéler la provenance de l’ingrédient majoritaire. »

Les différentes crises sanitaires sont encore dans toutes les mémoires. Vache folle, grippe aviaire, fièvre aphteuse…tous ces épisodes ont fragilisé la confiance des consommateurs. La Commission Européenne a donc renforcé la transparence en perfectionnant la traçabilité des produits. Aujourd’hui, les consommateurs et certains eurodéputés veulent aller plus loin et souhaitent que l’origine géographique de tous les produits soit mentionnée sur les étiquettes. La Commission n’adhère pas totalement…

L’étiquetage de l’origine des produits a le mérite de mettre tout le monde d’accord. Consommateurs, agriculteurs, eurodéputés, Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), tous s’entendent sur ce point. Certains y voient une preuve de la qualité des produits, d’autres un respect du consommateur, d’autres encore un moyen de rassurer et de faire oublier les multiples crises sanitaires de cette dernière décennie. Dans ce cas, pourquoi n’est-ce pas encore appliqué à tous les produits ? Une eurodéputée sceptique s’en explique : « on considère que l’origine ne doit pas être une entrave aux échanges ». Certains pays seraient donc lésés au détriment d’autres.

Deuxième raison avancée ? Pour ne pas verser dans le patriotisme alimentaire. Un peu léger quand on sait qu’en décembre dernier l’Irlande a fait rappeler l’ensemble de ses aliments à base de porc, après la découverte de dioxine dans neuf élevages. Préserver le libre-échange, certes, mais pas au détriment de la santé des consommateurs. Au-delà des raisons avancées, il semblerait que la Commission ait été séduite par les avances du lobby de l’industrie. Antithétique avec sa mission de sauvegarde des intérêts communs de l’Union.

Une étiquette chargée

Les réactions du Bureau Européen des unions de consommateurs ne se sont pas fait attendre. « Les consommateurs veulent savoir d’où vient leur nourriture », explique Ruth Veale, spécialiste des questions alimentaires. Mais au-delà des mentions concernant l’origine des produits, le BEUC veut aller plus loin. Actuellement étudié par les parlementaires européens, l’idée consiste en une véritable révolution de l’étiquette ! Sur le devant des paquets, il deviendrait obligatoire d’y spécifier l’apport nutritionnel de la nourriture : valeur énergétique, glucides, sucre, lipides, acides gras saturés et sel. Pour Monique Goyens, directrice générale du BEUC, l’initiative est loin d’être suffisante. « Dans la lutte actuelle contre l’obésité et les autres maladies liées au régime alimentaire, il est regrettable que la Commission prenne des décisions visant à promouvoir des aliments malsains en permettant l’introduction de profils nutritionnels dénués de sens ».

Ce projet de loi apporterait également une nuance d’importance. Si un producteur souhaite mentionner l’origine d’un produit composé, il devra alors révéler la provenance de l’ingrédient majoritaire. Préparons-nous à devoir déchiffrer les étiquettes ! Le parcours dans les allées bondées des supermarchés ne sera alors plus qu’un parcours de santé ! « Beurre produit en Belgique avec du lait danois », « purée italienne aux tomates grecques ». A quand le ketchup américain aux tomates OGM françaises fabriquées à partir de souches polonaises ? Caricature bien sûr mais un tel étalage de provenance sur les étiquettes aurait forcément un coût, un surcoût même ! Mais le BEUC approuve et applaudit. Aucune assurance que les consommateurs s’y retrouvent mais au moins ils seront prévenus !

Pour plus de renseignements, consultez le site de la Commission Européenne
Rendez-vous aussi sur celui du BEUC

Lire aussi :
- La Commission européenne lance la première bourse aux projets environnementaux
- Le bio dans la grande distribution : pourquoi ça marche ?

Albane Wurtz

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