Conso
Le bio dans la grande distribution : pourquoi ça marche ?

- Agrandir l’image
- « Nous avons besoin de la grande distribution pour écouler une partie de nos produits et tentons de développer avec elle des partenariats » »
Manger bio ce n’est plus quelque chose de confidentiel en France. Les réseaux de distribution se développent et les Français sont majoritairement pour ce mode de consommation. Et les supermarchés ont beaucoup aidé à ces changements d’habitudes alimentaires. Alors, à quoi ressemble le bio dans le monde de la grande distribution ?
Il y a encore peu d’années en arrière, il fallait être un initié pour savoir où trouver des produits issus de l’agriculture biologique. On en trouvait uniquement dans certaines boutiques bien spécialisées. Et ceux qui les consommaient représentaient une vraie minorité. Aujourd’hui les choses ont bien changé. Pour manger bio il suffit de faire un tour dans les rayons d’un supermarché. Mais les produits proposés sont-ils de qualité ou juste estampillés bio pour attirer le consommateur ?
Chacun son bio
La grande distribution est devenue une spécialiste du bio. Un rayon au moins est consacré à ces produits dans pratiquement tous les supermarchés de France. Mais les distributeurs ne se contentent plus de vendre le bio des autres. Ils créent leur propre marque à l’instar de Carrefour ou de Monoprix. La grande distribution représente 40% des ventes de produits biologiques. Monoprix Bio représente aujourd’hui 150 références. La marque a d’ailleurs été pionnière en lançant ses premiers produits en 1993. La gamme Carrefour Bio dispose actuellement de 400 références. Sans oublier Casino, Auchan, Leclerc et Uni Vert pour les produits d’entretien, ou les 60 produits bio proposés par Intermarché.
Des contrôles rigoureux et réguliers
Les produits bio vendus sous la marque des distributeurs sont souvent moins chers. On peut alors s’interroger sur la qualité. Est-ce vraiment du bio ? Pour qu’un produits puissent être qualifié de bio, il doit être contrôlé au moins une fois par an par l'un des six organismes certificateurs français comme EcoCert ou Qualité France. La marque AB, créée et gérée par le ministère de l'Agriculture, permet aussi d’avoir une sérieuse garantie quant à la provenance de la marchandise. «Les accidents sont très rares, ce qui contribue à la solidité de la marque», explique Élisabeth Mercier, directrice de l'Agence Bio, chargée de la promotion des produits bio.
Il faut tout de même que parmi les produits bénéficiant du label AB ou du label européen certains peuvent contenir jusqu'à 4,99 % d'ingrédients non biologiques. La présence accidentelle d'OGM est également autorisée à hauteur de 0,9 %. Les amateurs d’un bio 100% choisissent donc d’acheter des produits avec des labels privés comme Demeter ou Nature & Progrès. Ils imposent des critères plus sévères.
Des prix attractifs
Longtemps le bio a été boudé par les consommateurs à cause des prix pratiqués. Encore aujourd’hui, les Français pensent qu’il reste plus cher. Cependant, 40% de la population a consommé un produit bio au moins une fois par mois en 2008, soit 2% de plus que l'année précédente. Les prix plus bas proposés par les supermarchés ont sûrement aidé à la démocratisation du bio dans les foyers. Et les trois quarts des consommateurs s’approvisionnent en grande surface. Mais les magasins spécialisés restent tout de même un passage privilégié pour beaucoup d’acheteur de bio. «Nous avons besoin de la grande distribution pour écouler une partie de nos produits et tentons de développer avec elle des partenariats », explique Henri Thépaut, président de la Fédération nationale de l'agriculture biologique.
De plus en plus de choix
Non seulement les prix des marques de distributeurs sont plus abs, mais en plus les consommateurs ont aujourd’hui un grand choix de produits. Les marques ne se limitent plus aux produits alimentaires. Cosmétiques, vêtements, produits d’entretien… Tout se décline en bio. En 2007, Monoprix a doublé le nombre de références Monoprix Bio. La gamme « Agir Carrefour bio » aussi vise un large marché en proposant une gamme allant des haricots verts très fins surgelés, au jambon cuit supérieur en passant par les petits beurre avec tablette de chocolat noir. Auchan et U, qui ont rejoint le mouvement entre 2006 et 2007 ont déjà plus d’une centaine de références en rayon. Les seuls produits difficiles à trouver sont la viande et le poisson.
Maintenant les enseignes alimentaires hard discount tels que Ed ou leader Price ont aussi pris le parti de se lancer dans ce créneau. Depuis 2001, Ed tente de mettre plus de produits issus de l’agriculture biologique à la disposition de ses clients et pour labelliser « bio » de plus en plus de références de la marque Dia. Le bio est disponible partout et à tous les prix.
Un système à améliorer
Un bémol tout de même dans la relation entre la grande distribution et le bio. Les capacités de production sont encore trop faibles. Même si le Grenelle de l’environnement prévoit de consacrer 20 % de notre surface agricole au bio, pour le moment, de nombreux produits vendus viennent de l’étranger. «Plus de la moitié des fruits et légumes et 40 % de l'épicerie sèche proviennent de nos voisins européens, du Maroc, de Turquie, voire de beaucoup plus loin», précise Élisabeth Mercier, directrice de l'Agence bio. Les agriculteurs aussi émettent quelques réserves en ce qui concerne les bonnes intentions des distributeurs. Des critiques qui portent principalement sur les prix et le marketing.
Lire aussi :
- Faire ses courses bio et responsables
- La solidarité dans les rayons de votre supermarché
Hélène Toutchkov
![]() | Laisser un commentaire |
|
|
focus | Vidéos![]() |
Ils en parlent sur le forum !
Rechercher un éco-acteur
Interviews
Anny Poursinoff
Dans le monde entier, la biodiversité se meurt. 2010 : Année internationale pour la diversité biologique, doit permettre d’initier une prise de conscience collective pour qu’émergent de véritables plans d’action ambitieux. En Ile-de-France, le sort de la biodiversité, pourtant riche, est aussi ...
Anne Philip
Mondadori, empire de la presse magazine, s’associe à la cause féminine et lance le premier Prix des femmes pour le développement durable. Récompensant les femmes œuvrant pour le développement durable, au sein d’une entreprise ou d’une association, il sera clos le 31 août prochain. Evaluées ...
Arnaud Rolland
Coca-Cola, un emblème, un mythe ! Pour des millions d’assoiffés à travers le monde, Coca pourrait être un langage universel, un cri de ralliement. Pourtant, plus que toutes les autres firmes internationales, Coca se doit d’être exemplaire en matière environnementale. Si, en Inde et en Chine, la firme ...
Benoit Colinot
Ubifrance est l’agence française pour le développement international des entreprises (elle est placée sous la tutelle de la secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur). Son rôle : accompagner les exportateurs français, leur donner les clés pour comprendre les marchés ...
Les mots-clés de l'actu
sujets des internautes
VOLONTARIAT HUMANITAIRE EN AFRIQUE (TOGO) 2011
28 / 07 / 2010
Vous êtes étudiant(e)s et vous êtes à la recherche d’un stage d’étude dans un cadre ...
- Catégorie :
- Environnement
- Auteur :
- avmdtogo1
Pour ERDF, le photovoltaïque serait dangereux
21 / 07 / 2010
Cette semaine du début de l’été 2010 nous vaut une parfaite illustration du tropisme français ...
- Catégorie :
- Technologie
- Auteur :
- Héloïm Sinclair
Jigar Shah, une vision partagée pour l’industrie solaire mondiale
15 / 07 / 2010
Jigar Shah est un trentenaire solaire à « l'american successful story », qu’il faut suivre. Après ...
- Catégorie :
- Économie
- Auteur :
- Héloïm Sinclair
















